Les enseignes françaises de la distribution à l'assaut de l'Espagne
19 juillet, 2003 par
Les enseignes françaises de la distribution à l'assaut de l'Espagne
Les Echos Etudes


Les enseignes françaises plus compétitives sur l’hyper et le discount que sur le segment du supermarché. Un rythme de croissance supérieur à la moyenne européenne. Si l’Espagne n’a pas échappé au ralentissement de la croissance de la consommation des ménages, elle présente des performances nettement supérieures à celles affichées par les pays d’Europe du Nord. Aux baisse d’impôts accordées début 2003 s’ajoute l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages, permise par le repli de l’inflation et par des créations d’emplois qui contrastent avec la progression du chômage dans le reste de la zone euro. La progression des dépenses des ménages devrait donc se
maintenir à un niveau relativement élevé en 2003 (autour de + 2 %) pour accélérer plus franchement en 2004. Ce contexte est évidemment plus favorable aux  supermarchés et au hard-discount. Les spécificités réglementaires nationales se traduisent par des évolutions et des potentiels de croissance différents selon les formats :
• confrontés à une forte progression des prix de l’immobilier et à une réglementation particulièrement restrictive, les hypermarchés constituent le format le moins porteur. En 2002, les investissements pour l’ouverture de grande surface ont ainsi reculé de 22 % par rapport à 2001. En revanche, les supermarchés, forts d’une législation plus souple et d’un positionnement de proximité, ont vu leur part de marché progresser de 13 points entre 1996 et 2002 (à 59 %). Contrairement au segment des hypermarchés, les enseignes françaises (Carrefour, Auchan) peinent à rivaliser avec les groupes espagnols en matière de supermarchés. Mercadonna, leader dans ce format, continue ainsi d’ouvrir une centaine de points de vente par an et s’appuie sur un positionnement discount privilégiant les MDD. Le hard-discount constitue le second format porteur et reste dominé par Dia (groupe Carrefour) et ses 2 200 magasins en 2002. Une couverture géographique qui n’empêche pas le distributeur français de poursuivre ses ouvertures, à l’instar des enseignes allemandes Tengelmann (300 ouvertures prévues d’ici 2007) et Lidl. Le petit commerce de proximité, en dépit d’une réglementation protectrice, continue de perdre du terrain (13 % de parts de marché en 2002, contre 21 % en 1996). Les enseignes d’hypermarché misent sur la diversification et le
renforcement de leur réseau de proximité Dans ce contexte, les enseignes de supermarché offrent des perspectives de développement plus optimistes. Leur croissance repose sur les ouvertures de magasins ainsi que sur l’acquisition de chaînes régionales. En 2002, Caprabo a ainsi acquis plusieurs chaînes régionales (dont Eraco) et la faible concentration dans le format du supermarché offre encore d’importantes perspectives de croissance externe. Pour les hypermarchés et les groupes européens, la problématique est différente et leur consolidation passe par plusieurs stratégies. Le développement des formats de proximité. Carrefour, qui dispose de deux enseignes de supermarché (Champion et Supeco Maxor) prévoit une centaine d’ouvertures entre 2003 et 2005 et poursuit la densification du réseau discount Dia (200 magasins par an en moyenne). La diversification dans le non alimentaire. Un nombre croissant d’hypermarchés (El Corte Ingles, Carrefour et Auchan) se lancent dans la vente de voitures, d’appartements, l’optique et les produits d’assurance. Une diversification qui s’accompagne d’une montée en gamme dans l’alimentaire. La constitution d’alliances afin de rattraper le retard par rapport aux leaders et de rester compétitif en termes de prix. Le groupe basque Eroski (numéro trois de la distribution espagnole) et le groupement des Mousquetaires ont ainsi conclu un partenariat dans le but de massifier leurs achats.

Les enseignes françaises de la distribution à l'assaut de l'Espagne
Les Echos Etudes 19 juillet, 2003
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