2001 une année charnière dans la reconfiguration du portefeuille d'activités pour E.ON
26 juillet, 2001 par
2001 une année charnière dans la reconfiguration du portefeuille d'activités pour E.ON
Les Echos Etudes


L’acquisition de Ruhrgas que nous avons détaillé dans notre étude de marché est indéniablement le fait marquant de ces derniers mois pour E.ON. Cette opération rendue complexe par l’éclatement de l’actionnariat de la première compagnie gazière allemande a commencé en 2001. La dernière étape a été le rachat en juillet 2002 auprès de ExxonMobil, Shell et Preussag Énergie du solde du capital (40 %) qu’il ne détenait pas encore. Cette opération soulève cependant de très vives contestations de la part de ses concurrents qui pourraient remettre en cause l’opération, au moins en partie. Elle est pour le moment suspendue par la cour d’appel de Düsseldorf. Le programme de cessions s’est traduit par un recul du chiffre d’affaires. E.ON a enregistré, en 2001, une baisse de 5,7 % de son chiffre d’affaires, essentiellement liée aux désengagements dans la chimie, le pétrole et la distributionlogistique notamment. Le chiffre d’affaires dans l’électricité a été dopé (+ 67 %) par des effets périmètre, prix et volume positifs. La division électricité (qui regroupe également le gaz et l’eau) est devenue pour la première fois la principale contributrice au chiffre d’affaires du groupe (25,4 %) détrônant les divisions distribution-logistique, pétrole et chimie. En dépit du recul du chiffre d’affaires, le résultat opérationnel a progressé de 48 % grâce à la division électricité (+ 79,3 %) et dans une moindre mesure à la division pétrole (+ 39,4 %). Le taux de marge opérationnelle s’est établi à 5,1 %, soit 1,9 point de plus qu’en 2000, mais reste à un niveau insatisfaisant. E.ON est en train de réussir sa mue entamée en 1999 avec l’annonce de la fusion entre Veba et Viag. Commencée en 2000, le recentrage sur les utilities s’est considérablement accéléré en 2001 et au premier semestre 2002. Le groupe s’est désengagé de la plupart de ses actifs jugés non stratégiques. Des cessions restent
à finaliser mais l’essentiel du programme de cessions est bouclé. Le renforcement du pôle énergie a quant lui donné lieu à des opérations spectaculaires avec l’acquisition de Sydkraft, Powergen et surtout Ruhrgas. Si les deux premières opérations donnent au groupe une dimension internationale, c’est la dernière qui donne tout son sens au modèle de développement d’E.ON fondé sur la convergence gaz/électricité. Bien que ce modèle soit largement répandu chez les utilities européennes, E.ON sera le premier opérateur à disposer d’actifs aussi importants dans les deux énergies à la fois (si l’opération est acceptée).

2001 une année charnière dans la reconfiguration du portefeuille d'activités pour E.ON
Les Echos Etudes 26 juillet, 2001
Partager ce poste
Archiver