RAILCOOP : UNE PREMIÈRE COOPÉRATIVE FERROVIAIRE OPÉRATIONNELLE DANS LE SUD-OUEST
19 novembre, 2020 par
RAILCOOP : UNE PREMIÈRE COOPÉRATIVE FERROVIAIRE OPÉRATIONNELLE DANS LE SUD-OUEST
MEZIANI Hélène


La société compte ouvrir des lignes passagers non exploitées par la SNCF et s’est également positionnée sur le fret courte distance.

Le secteur ferroviaire vient de s’élargir avec la création d’un premier acteur coopératif, basé à Figeac dans le Lot. Railcoop a été créé sous le statut de SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) et compte dans son conseil d’administration des personnes issues de l’économie sociale et solidaire et de l’associatif, des consultants spécialisés dans la mobilité et les questions climatiques ou encore un ancien cheminot. Au 18 novembre, la société avait réussi à convaincre près de 2 500 sociétaires, contre 785 le 19 juin. Pour poursuivre son développement, elle entend convaincre les collectivités locales d’acheter des parts sociales afin qu’elles construisent avec elle ce modèle alternatif de compagnie ferroviaire.
Le nouvel opérateur entend profiter de l’ouverture à la concurrence du trafic passager intérieur fin 2020 pour ouvrir des lignes non exploitées par la SNCF à partir de 2022. L’idée n’est, en effet, pas de concurrencer le groupe mais plutôt la voiture. C’est pourquoi Railcoop a déposé début juin un projet de ligne reliant Lyon à Bordeaux en 6h47 (3 allers-retours par jour), un trajet abandonné en 2014 par la SNCF, faute de rentabilité. La société pense pouvoir rentabiliser cette ligne en proposant une qualité de service supérieure (wagons confortables, places pour les poussettes, skis, ponctualité, etc.) et un prix similaire au covoiturage. Le potentiel de voyageurs est important malgré un trajet plus long qu’en passant par Paris : 690 000 personnes par an. Pour choisir cette ligne, Railcoop s’est notamment basé sur les flux aériens de voyageurs entre les villes de province.

Railcoop se positionne aussi sur le fret et compte exploiter une première ligne dès septembre 2021 : une desserte courte distance est prévue sur la ligne Viviez-Decazeville-Capdenac-Toulouse (un aller-retour par jour). Un premier bilan sera ensuite fait, en 2022, avant l’ouverture d’une éventuelle seconde ligne. L’objectif est de concurrencer le prix de la route, ce qui serait possible, selon Railcoop, en atteignant un taux de remplissage de 85 %.
Aujourd’hui, cette nouvelle compagnie ferroviaire a encore plusieurs défis à relever. Le premier : réunir un capital d’au moins 1,5 M€ pour obtenir une licence ferroviaire et un certificat de sécurité. Le second : financer ses locomotives et wagons. Une tâche compliquée par la crise actuelle qui rend les partenaires financiers plus frileux. Railcoop espère aujourd’hui le soutien de l’État et/ou des régions qui pourraient apporter des garanties aux financements.
L’accueil a, en tout cas, été mitigé du côté des syndicats de cheminots qui s’étaient battus contre l’ouverture à la concurrence et auraient préféré que la SNCF rouvre ce type de lignes

RAILCOOP : UNE PREMIÈRE COOPÉRATIVE FERROVIAIRE OPÉRATIONNELLE DANS LE SUD-OUEST
MEZIANI Hélène 19 novembre, 2020
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