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La reprise des tensions militaires entre les États-Unis et l’Iran a fait passer, le 9 septembre dernier, le prix du baril de pétrole au-delà des 100 dollars. Un seuil qui n’avait plus été atteint depuis le début de la guerre en Ukraine, en 2022, et qui risque de faire exploser le budget carburant des automobilistes, prévient l’Insee.
Plus d’un mois de salaire
En 2021, l’Insee, après une forte augmentation des prix du pétrole, est venu mesurer l’incidence de cette hausse sur la vie des 21,2 millions de ménages français possédant une automobile. À cette époque, le prix du litre d’essence s’approchait de 1,55 € et celui du litre de gasoil de 1,43 €. Un niveau de prix qui avait contraint 10,6 % d’entre eux, soit 2,2 millions de ménages, à consacrer, cette année-là, plus d’un mois de revenus à leurs achats de carburant.
Longue distance et faible niveau de vie
Sans surprise, les ménages les plus exposés, identifiés en 2021, étaient ceux qui étaient contraints de se déplacer sur de longues distances et qui présentaient un niveau de vie faible. On les retrouvait principalement dans les zones rurales (45,4 %) et 1 fois sur 4, il s’agissait d’une personne seule en emploi ou d’un couple en emploi avec enfants.
Leur revenu disponible moyen correspondait à 24 833 € (contre 45 057 € pour l’ensemble des ménages ayant une voiture). Quant à la distance qu’ils avaient parcourue en 2021 (27 458 km), elle était près de 2 fois plus élevée que la distance médiane annuelle de l’ensemble des automobilistes français (14 506 km), en conséquence de quoi leur budget carburant (2 698 €) correspondait au double du budget médian 2021 (1 377 €).
La hausse de 2026
Selon l’Insee, une hausse des prix à la pompe comparable à celle observée au printemps 2026 (avec un gazole en hausse de 40 % et une essence en hausse de 20 %, sur la base d’hypothèses de prix atteignant 2,20 € pour le gazole et 2,00 € pour l’essence) doublerait le nombre de ménages en forte difficulté face à cette dépense. Sans changement de comportement ni de revenus par rapport à 2021, 4,7 millions de ménages, soit 22,4 % des ménages possédant une voiture, pourraient alors consacrer plus d’un mois de leurs revenus au carburant.
Les ménages urbains denses seraient un peu moins touchés grâce à une offre de transport plus diversifiée, mais dans les couronnes périurbaines, les zones rurales et les territoires où la voiture est indispensable, les difficultés devraient s’accroître, illustrant, une fois de plus, les inégalités territoriales françaises.
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