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En France, près de 18 % des adultes sont aujourd’hui en situation d’obésité, soit environ 10 millions de personnes. Via ses nombreuses comorbidités (insuffisances rénale, respiratoire, cardiaque, diabète, entre autres), la maladie génère un coût annuel estimé à 12,7 Md€ pour la société, en hausse de 4,5 % depuis 2020. C’est dans ce contexte que la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a officialisé, le 27 mai 2026, le remboursement à 65 % du Wegovy (sémaglutide, Novo Nordisk) et du Mounjaro (tirzépatide, Eli Lilly), avec une entrée en vigueur fixée au 15 juin 2026. Ces deux traitements injectables, disponibles en pharmacie sur ordonnance depuis fin 2024 à un prix libre, bénéficiaient d’avis favorables au remboursement de la Haute Autorité de Santé (HAS), sans que les conditions précises de prise en charge, ni les prix négociés avec les laboratoires n’aient encore été arrêtés.
Dans quelques jours, ces médicaments entreront dans le droit commun du remboursement, mais dans un périmètre strictement encadré. Seuls sont éligibles à une prise en charge les adultes atteints d’une obésité dite « massive » (indice de masse corporelle, IMC ≥ 40 kg/m²) ou « sévère » (IMC ≥ 35 kg/m²) associée à au moins une comorbidité, des conditions plus restrictives que celles de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) européenne, qui couvre les IMC ≥ 30. La primo-prescription remboursable est réservée aux médecins spécialistes exerçant dans les structures de prise en charge de l’obésité de niveaux 2 et 3 (Centres Spécialisés de l’Obésité, CHU, endocrinologues en lien avec un CSO, etc.), qui devront, en outre, remplir un questionnaire de prescription. Ces traitements sont instaurés en seconde intention, en complément d’un régime hypocalorique et d’une activité physique adaptée. Pour les patients non éligibles au remboursement, les deux médicaments restent accessibles sur ordonnance, tout médecin, généraliste ou spécialiste, pouvant les prescrire dans le cadre de l’AMM, mais à la charge du patient, au prix négocié par la Sécurité sociale, soit entre 146,91 et 195,10 € par mois pour le Wegovy selon le dosage.
Le coût réel de cette prise en charge demeure une inconnue majeure. La ministre a avancé un chiffre d’une centaine de millions d’euros en année pleine, quand la population potentiellement éligible est estimée par la HAS entre 1 et 2,1 millions de personnes. La HAS elle-même reconnaît que ses hypothèses « sont susceptibles de varier en fonction de l’offre de soins », notamment parce que la majorité des obèses massifs ou sévères ne se font aujourd’hui pas soigner. « Il va falloir qu’on se prépare à accueillir la vague de demandes », prévient la Dr Magalie Miolanne, vice-présidente du Groupe de Coopération et de Concertation des CSO. Et ce n’est qu’un début : une nouvelle génération de coupe-faim en comprimés quotidiens a déjà reçu un avis favorable de l’agence européenne du médicament.
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