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Le ministère de la Santé a officialisé la mise en place d’un parcours de soins et d’éducation thérapeutique renforcé, destiné aux adultes atteints d’obésité sévère ou associée à certaines complications. Paru au Journal officiel à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’obésité, le 4 mars, le nouveau texte marque un tournant dans la prise en charge de cette pathologie chronique. Le dispositif, qui fait partie des mesures de la feuille de route 2026-2030, avait fait l’objet d’une première expérimentation en Bourgogne-Franche-Comté entre 2019 et 2023. Un test concluant qui lui vaut de se généraliser désormais à l’échelle nationale. L’objectif est clair : offrir un soutien complet et éviter toute stigmatisation, comme le souligne l’Organisation Mondiale de la Santé en saluant cette avancée pour « des soins et des traitements de meilleure qualité ».
Une prise en charge adaptée au patient
Ce parcours coordonné renforcé (PCR) est le premier du genre à être pris en charge en France, intégrant dans le droit commun des organisations de soins innovantes issues d’expérimentations antérieures. Le Dr Cyril Gauthier, médecin nutritionniste à Dijon, insiste sur l’importance de cette mesure, la qualifiant de « symbole fort pour l’obésité, qui va être la première pathologie chronique à pouvoir profiter d’un tel PCR » et qui va servir « de fer de lance des maladies chroniques pour une prise en charge au forfait en ville ». Le forfait associé à ce parcours – sur une durée maximale de deux ans et demi – permettra de financer un suivi médical et paramédical complet, personnalisé selon les besoins de chaque patient. Des consultations médicales, diététiques, psychologiques et des séances d’activité physique adaptée (APA), ainsi que l’éducation thérapeutique seront prises en charge. Cette approche représente un « changement de paradigme » selon le Dr Gauthier, car elle forfaitise le parcours de soins, ce qui est « l’idéal pour une pathologie chronique ».
Le déploiement de ce PCR s’adresse spécifiquement aux patients adultes présentant une obésité complexe, nécessitant une prise en charge de deuxième ou troisième niveau selon la Haute Autorité de santé. Le forfait de base, d’un montant de 1 126 €, couvrira au moins 10 interventions médicales obligatoires et 12 interventions de diététique, psychologie et/ou d’APA modulables selon le patient. Il pourra atteindre 1 769 € pour les cas plus complexes « avec troubles du comportement alimentaire et limitations à la pratique autonome de l’activité physique adaptée ». Des équipes pluriprofessionnelles, composées de médecins spécialistes, infirmiers, diététiciens, psychologues et professionnels de l’activité physique adaptée, seront mobilisées au sein de 269 structures agréées, sélectionnées via des appels à candidatures des Agences Régionales de Santé.
Ce nouveau dispositif ouvre la voie à une meilleure gestion de l’obésité, mais soulève également la question de son extension à d’autres pathologies chroniques et de son impact sur la prévention à long terme.
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