MOBILITÉ DURABLE : LA FEUILLE DE ROUTE EUROPÉENNE INQUIÈTE LES CONSTRUCTEURS
18 décembre, 2020 par
MOBILITÉ DURABLE : LA FEUILLE DE ROUTE EUROPÉENNE INQUIÈTE LES CONSTRUCTEURS
Les Echos Etudes


Réduire de 90 % les émissions de gaz à effet de serre dans le transport d’ici 2050 semble irréalisable pour les constructeurs automobiles.

Le 9 décembre dernier, l’Union européenne a levé le voile sur sa « stratégie de mobilité durable et intelligente » qui vise, comme le prévoit le pacte vert pour l’Europe à réduire de 90 % les émissions de gaz à effet de serre issus du transport d’ici 2050. Une ambition au service de laquelle s’inscrit un plan d’action de 82 initiatives qui viendront bouleverser « la façon dont les personnes et les marchandises circuleront partout en Europe et permettra de combiner aisément différents modes de transport au cours d’un même trajet » a affirmé Frans Timmermans, vice-président exécutif chargé du pacte vert pour l’Europe lors de la présentation du plan. Une présentation au cours de laquelle ses différentes étapes ont été présentées dont, à l’horizon 2030, la circulation sur les routes européennes d’au moins 30 millions de véhicules électriques.

Une bascule trop brutale et un manque de stations de charge

Cet objectif des 30 millions de véhicules électriques n’a pas manqué d’interpeler les fabricants qui, par la voix d’Éric-Mark Huitema, le directeur général de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), ont rappelé qu’à ce jour sur les 243 millions de véhicules en circulation sur le continent, seuls 615 000 étaient électriques, soit à peine 0,25 % du parc. Ce dernier ajoutant : « Je crains que cela signifie que l’objectif de la Commission à l’horizon 2030 de 30 millions de voitures zéro émission soit très éloigné de la réalité actuelle. En effet, si l’Europe veut atteindre cet objectif, nous aurions besoin de multiplier par presque 50 le nombre de voitures zéro émission en circulation sur nos routes en seulement 10 ans ».

Et outre la difficile mutation des modes de production que cela implique, atteindre un tel objectif suppose également que les infrastructures soient prêtes à accueillir ces véhicules électriques. Or le nombre des stations de recharge n’est aujourd’hui que de 200 000, estime l’ACEA alors qu’il en faudrait au moins 3 millions également réparties sur les routes européennes pour permettre la circulation de 30 millions de véhicules électriques. Leur nombre devra donc être multiplié par 15 en moins de 10 ans. « La Commission doit encore se rendre compte qu’elle ne peut pas séparer ses ambitions de réduction des émissions de CO2 des véhicules de la nécessité d’accroître la disponibilité des infrastructures – pour toutes les catégories de véhicules – avec le même niveau d’engagement », prévient Éric-Mark Huitema.

Pour l’ACEA, basculer brutalement du thermique à l’électrique n’est pas viable ni pour les constructeurs, ni pour les États en charge des infrastructures, ni pour les clients qui ne sont pas disposés à accepter de payer plus cher leur véhicule. Éric-Mark Huitema plaide ainsi pour que la transition s’opère de manière plus graduelle notamment en intégrant une phase au cours de laquelle l’accent sera mis sur les véhicules hybrides rechargeables.

MOBILITÉ DURABLE : LA FEUILLE DE ROUTE EUROPÉENNE INQUIÈTE LES CONSTRUCTEURS
Les Echos Etudes 18 décembre, 2020
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