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Acheter sa maison : le rêve des Français redevient possible. Après 2 années de chute brutale, les ventes de maisons neuves en secteur diffus (hors lotissements) repartent nettement de l’avant. Au total, 67 800 logements individuels ont été vendus en 2025, selon les données présentées mardi 24 février 2026 par le Pôle Habitat de la Fédération française du bâtiment (FFB). Cela représente une progression de 33,5 % par rapport à 2024.
Le rebond est très net. Mais il est à comparer à une période de ventes désastreuse l’année précédente qui avait marqué un point bas historique avec 50 800 ventes, très loin du pic de 140 000 unités atteint en 2021. Malgré l’amélioration, le nombre de transactions demeure inférieur de 42,1 % à la moyenne observée sur la période 2006-2024, établie à 117 125 ventes par an.
Rôle moteur du PTZ
Le retour du prêt à taux zéro (PTZ) constitue le principal moteur de cette reprise. Rétabli sur l’ensemble du territoire le 1er avril dernier et de nouveau ouvert à toutes les formes d’habitat, y compris aux maisons individuelles, il a redonné de la visibilité aux ménages et favorisé le retour des primo-accédants. Les zones tendues (A, A bis et B1) concentrent ainsi 35 % des ventes de maisons, signe que la demande reste soutenue, y compris dans les secteurs les plus contraints.
Dynamique nationale
Le redémarrage des ventes s’observe dans toutes les régions. Partout, la hausse dépasse 20 % sur un an. Elle est particulièrement marquée en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Corse (+47,9 %), ainsi qu’en Occitanie (+43,9 %), illustrant l’effet d’un dispositif appliqué de manière uniforme sur le territoire.
Dans le même temps, les prix poursuivent leur ajustement. Pour la deuxième année consécutive, le prix moyen d’une maison neuve recule de 4,3 % en 2025, après une baisse de 4,2 % en 2024, pour s’établir à 198 000 €. Cette évolution tient en partie à la réduction de la surface moyenne des projets, passée de 116 m² en 2023 à 112 m² l’an passé. Le marché s’adapte ainsi progressivement aux capacités financières des ménages, dans un contexte marqué par le retour des primo-accédants.
Un appel à relancer l’investissement locatif
Le Pôle Habitat FFB rappelle néanmoins que la dynamique reste fragile et dépend étroitement de la stabilité des dispositifs de soutien. « Le ré-élargissement du PTZ montre que lorsque l’on remet un levier lisible, les ménages reviennent et l’activité repart », souligne son président, Grégory Monod.
Les professionnels plaident désormais pour un élargissement du nouveau dispositif fiscal du bailleur privé, dit « Jeanbrun » (du nom du ministre du Logement), créé par la loi de finances pour 2026, au logement individuel, neuf comme ancien. L’objectif est double : soutenir l’accession et stimuler l’investissement locatif afin d’inscrire la relance du logement neuf dans la durée.
Sur les 20 dernières années, le seuil des 400 000 mises en chantier annuelles n’a été atteint que lorsque la construction de maisons individuelles représentait environ 150 000 ventes par an, rappelle encore l’organisation.
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