Crédit photo : slow village
Quels ont été les premiers jalons de votre parcours entrepreneurial déjà dense à seulement 29 ans ?
Baptiste Bonnichon : mon parcours entrepreneurial a, en effet, démarré jeune. À 18 ans, j’ai repris l’exploitation agricole de mes grands-parents, un élevage de vaches charolaises dans le Berry, tout en poursuivant mes études. Passionné d’escalade, j’ai ensuite fondé un cabinet de conseil, Alcélia, dans l’économie du sport. Puis en 2021, avec mon camarade de promo de l’Essec et désormais associé David Brunello, nous avons cofondé Inspire Villages. Notre but était de créer une nouvelle approche des vacances, avec une marque d’hospitality outdoor qui propose des vacances pour la famille pour se déconnecter en pleine nature tout en disposant de tout le confort de l’hôtellerie 3-4 étoiles classique avec une approche lifestyle.
Quel est votre positionnement et comment s’est développé Inspire Villages ?
B. B. : notre concept hybride offre un entre-deux, avec deux appellations équivalentes : le camping life-style ou l’hôtellerie de pleine nature éco-responsable. Nous avons fait l’acquisition de nos deux premiers sites en 2022. Le succès du site de Marennes d’Oléron a confirmé la pertinence de notre positionnement. L’entrée du groupe Swiss Life à notre capital en 2023 nous a permis d’accélérer, avec 3 sites acquis en 2023-2024. Notre stratégie est de racheter et transformer entièrement des campings traditionnels. L’acquisition en 2024 de notre concurrent, le groupe Slow Village et de ses 6 sites, a marqué une nouvelle étape décisive dans notre développement.
Comment avez-vous intégré Slow Village ?
B. B. : l’objectif était de fusionner nos deux univers en gardant le meilleur des deux mondes : l’approche hôtelière-servicielle d’Inspire Villages et l’orientation éco-responsable de Slow Village. Nous avons choisi de conserver la marque Slow Village, plus notoire et précurseur dans l’écotourisme. Le groupe Inspire, qui est la holding institutionnelle, compte au total 12 destinations.
Quels sont vos objectifs de croissance ?
B. B. : notre modèle de croissance combine croissance externe avec l’acquisition et la transformation de sites existants et croissance organique via le développement du chiffre d’affaires et de la performance économique des sites acquis. Nous visons 3 à 6 acquisitions par an et ambitionnons d’atteindre une trentaine d’établissements d’ici 2030.
Quelle est votre vision du marché du camping et comment vous différenciez-vous ?
B. B. : le marché français du camping est désormais mature. Nous observons une nette « premiumisation » depuis une décennie, avec la présence de grands groupes très financiarisés qui investissent massivement, possèdent de nombreux sites et proposent des prestations et standards proches. Les arbres ne montant pas au ciel, la seule variable d’ajustement pourrait être le prix, risquant ainsi une guerre tarifaire importante compte tenu des niveaux de prix déjà élevés. Nous cherchons donc à nous démarquer en prenant le contre-pied de cette tendance. Malgré notre croissance soutenue, notre groupe ayant en 4 ans atteint un chiffre d’affaires de 20 M€, un de nos principes d’entreprise est « slow is the new fast ». Nous optons pour des sites à taille humaine (100 à 300 emplacements maximum par site) afin de favoriser des prestations plus qualitatives, loin du modèle « usine touristique » de certains campings : des espaces aquatiques apaisés, des « Slow Clubs » pour la famille axés sur la reconnexion à la nature et le « do it yourself », une offre de restauration locale et qualitative… Nous misons sur une expérience authentique et responsable pour nous distinguer durablement sur ce marché.
Quelle est la place de l’écolabellisation dans votre modèle ?
B. B. : nous sommes fiers d’être le groupe leader en hôtellerie de pleine nature écolabellisée. En nous appuyant sur le rigoureux écolabel européen, qui garantit nos pratiques par des audits tous les 2 ans, nous avons déjà 50 % de nos sites certifiés et nous nous engageons à étendre cette labellisation à 100 % de notre parc d’ici 2030.
Qui sont vos clients ?
B. B. : notre clientèle loisirs (80 % du CA) est majoritairement familiale, plutôt CSP+, et recherche une reconnexion à la nature avec le confort. La clientèle d’affaires représente 20 % de notre CA. Nous accueillons des groupes jusqu’à 400 personnes, avec des offres clés en main (hébergement, restauration, activités pour la partie team building et découverte du territoire local). Notre clientèle, historiquement à 70 % française, évolue vers 50-60 % de Français, avec une part croissante d’étrangers.
Comment financez-vous votre développement ?
B. B. : en partenariat avec Swiss Life Asset Managers, nous avons lancé en 2023 le FCPI Plein Air Invest. Ce fonds d’investissement mono-actif est spécifiquement dédié au développement du groupe Inspire Villages et est ouvert aux investisseurs professionnels, avec un seuil de souscription de 100 000 €, et éligible à la clause de réemploi. Fort de son premier succès, un deuxième millésime vient d’être lancé en novembre.
Vous avez remporté la Coupe de France d’escalade l’année de votre baccalauréat. Ce sport a-t-il influencé votre approche entrepreneuriale ?
B. B. : absolument ! Comme en escalade où il faut « ouvrir des voies » en trouvant la meilleure succession de prises pour atteindre le sommet, l’entrepreneuriat exige créativité et anticipation. C’est une forme de préparation qui m’a appris à gérer les défis et à toujours chercher la meilleure approche, tout en respectant la nature.
Fiche d’identité
Dénomination : Inspire Villages
Activité : hôtellerie de pleine nature éco-responsable
Parc : 12 sites
Chiffre d’affaires : 20 M€
Web : www.slow-village.fr
Copyright : Les Echos Publishing