Les objets connectés « santé » en pharmacie : un marché émergent à investir
23 novembre, 2015 par
Les objets connectés « santé » en pharmacie : un marché émergent à investir
CHARRONDIERE Hélène


Directrice du Pôle Pharmacie-Santé des Echos Etudes

Grâce au taux de pénétration élevé des smartphones, les objets connectés ou wearables disposant d’une fonction monitoring (glucomètre, spiromètre, pilulier, oxymètre, tensiomètre...) s’imposent comme un nouveau segment du marché de la santé. Celui-ci est investi par de très nombreux acteurs : des laboratoires pharmaceutiques  (Sanofi, Menarini...), des fabricants de dispositifs médicaux, des nouveaux entrants issus de l’économie numérique, à la fois des start-up de la e-santé (Visiomed, Withings, Voluntis, Bluelinéa, iHealth,  Bolt Group, Eko, Sparo Labs...), des Big Tech (Samsung, Philips Healthcare, Panasonic Healthcare...) et les GAFA (Google notamment). S’inscrivant dans le mouvement du quantified self, les objets médicaux intelligents se perfectionnent et  vont progressivement s’imposer face aux dispositifs traditionnels.

Les pharmaciens ne peuvent rester à l’écart de cette révolution déjà en marche.

Plusieurs études récentes confirment les atouts des pharmaciens et leur légitimité sur ce marché. Réalisée en début d’année, l’enquête réalisée par l’Ifop pour le compte du groupement PHR a révélé que pour 40 % des français, le pharmacien est tout à fait apte à interpréter et analyser les données générées par ces objets. Ils sont à 77 % prêts à les partager avec leur pharmacien, notamment celles relatives à leur traitement ou des informations de base (poids, âge, groupe sanguin...). Ces résultats sont confirmés par une autre enquête menée à l’initiative des Echos Etudes en juillet dernier. Il ressort que les nouvelles solutions digitales dotées de promesses « santé » sont bien accueillies par les clients des officines. Plus de 40 % des personnes interrogées considèrent que ces solutions sont utiles, non seulement pour prendre soin de leur forme et de leur hygiène de vie, mais aussi pour suivre leurs traitements médicaux. A une large majorité, les français reconnaissent les pharmaciens comme totalement légitimes pour vendre des objets connectés dotés de promesse « santé ». Face à l’offensive des circuits de distribution concurrents (GMS, enseignes spécialisées, sites de e-commerce), les pharmaciens peuvent donc tirer leur épingle du jeu en mettant en avant leurs deux atouts majeurs : le conseil sur le choix de ces objets et la capacité d’interprétation des données personnelles et médicales qu’ils produisent. Certes, ce marché est émergent - le taux d’équipement reste très faible, lié en partie au niveau de prix encore élevé de ces objets -, et son modèle économique n’est pas encore défini. Mais ne pas l’investir dès aujourd’hui, c’est risquer de laisser s’échapper ce marché prometteur qui offre par ailleurs des synergies évidentes avec l’accompagnement officinal des patients souffrant de pathologies chroniques. C’est en intégrant les objets connectés « santé » dans cet accompagnement et dans le suivi de l’observance que les pharmaciens réussiront à créer un modèle économique rentable et pérenne.  

Pensez-vous que les pharmaciens d’officine sont légitimes pour vendre des objets connectés ayant une vocation médicale (glucomètre, thermomètre, tensiomètre...) ?

N =1.002

Les atouts des pharmaciens d’officine pour vendre des objets connectés de santé

Sur une échelle de 1 à 5, comment évaluez-vous les atouts de la pharmacie d’officine pour vendre
des objets connectés à vocation médicale (suivi d’une maladie) ou « bien-être » (forme physique) ?

1 : très faible - 5 : très élevé
Zone de Texte: Sommes des « Très élevé »
et « Elevés » (atouts)

Source : Les Echos Etudes, La pharmacie d’officine à l’heure du digital. Enquête quantitative on-line menée en juillet 2015 auprès de 1 002 personnes âgées de 18 ans et plus (panel Clameo® de la société Le Terrain).

Article paru dans le numéro de novembre 2015 de Profession Pharmacien.

Les objets connectés « santé » en pharmacie : un marché émergent à investir
CHARRONDIERE Hélène 23 novembre, 2015
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