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Un marché du livre sous pression structurelle
La photographie est sombre. En 2026, 33 % des Français de 18 à 75 ans sont considérés comme « non-acheteurs » de livres, contre 22 % en 2019. Cette progression de 11 points en 7 ans constitue, selon l’étude, « le foyer principal du recul du marché du livre ». En cause : la lecture, grignotée par les réseaux sociaux et les autres divertissements numériques, cède du terrain, tandis que les tensions persistantes sur le pouvoir d’achat pèsent lourdement sur les arbitrages des ménages. La diminution du pouvoir d’achat est d’ailleurs citée comme première raison de réduction des achats par 35 % des clients des librairies indépendantes.
La librairie indépendante, aimée mais pas toujours choisie
Paradoxe central de l’étude : l’image des librairies indépendantes est excellente, y compris auprès des non-clients. Conseil, choix et ambiance sont les 3 attributs les plus spontanément cités par ceux qui les apprécient. Avec une note moyenne de +2,4 sur une échelle de -5 à +5, elles se placent au coude-à-coude avec les grandes surfaces spécialisées (Fnac, Cultura…). Pourtant, 53 % des acheteurs de livres restent convaincus que les prix y sont plus élevés qu’ailleurs. Il s’agit d’une perception erronée, le prix unique du livre s’appliquant à tous les circuits. Un chiffre mérite également l’attention : 1 non-client sur 4 ne fréquente pas les librairies indépendantes faute d’y avoir pensé, ouvrant ainsi une perspective d’action concrète pour la profession.
Des clients fidèles, mais des achats encore partagés
Les clients des librairies indépendantes forment un socle solide. Gros lecteurs, sensibles aux valeurs culturelles et à l’indépendance commerciale, ils achètent en moyenne 12,5 livres par an. Leur niveau de satisfaction est élevé et leur fidélité affichée. Mais entre l’attachement déclaré et les comportements réels, l’écart est significatif : la librairie indépendante ne capte que 49 % de leurs achats totaux de livres, et seulement 32 % de ses clients y réalisent plus des trois-quarts de leurs acquisitions.
Quatre chantiers pour enrayer le décrochage
Face à ces défis, l’étude identifie 4 axes prioritaires. D’abord, répondre aux tensions sur le pouvoir d’achat, notamment via la remise de 5 % autorisée par la loi Lang ou le développement de la vente de livres d’occasion, 70 % des clients se déclarant intéressés si leur librairie s’y mettait. Ensuite, renforcer la fidélisation : le programme de fidélité est la dimension la moins bien évaluée de l’offre, et 61 % des clients se déclarent intéressés par une formule de « client privilégié ». Troisièmement, diversifier l’offre en développant des tiers-lieux comme les bourses aux livres, les clubs de lecture ou les espaces café, jugés utiles par une majorité de clients. Enfin, améliorer la proximité organisationnelle, notamment via la commande à distance : seulement 25 % des clients indiquent que leur librairie propose ce service, révélant un potentiel de développement inexploité.
Source : étude « Les Français face aux librairies indépendantes » réalisée par L’ObSoCo pour le Syndicat de la Librairie Française. Enquête conduite auprès d’un échantillon de près de 4 000 personnes, représentatif de la population de France hexagonale âgée de 18 à 75 ans. Rapport d’analyse publié en juin 2026.
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