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Dans son nouveau rapport sur l’ouverture du marché, l’Autorité de régulation des transports (ART) estime que la concurrence ne fragilise pas le rail français. Au contraire, elle produit déjà des effets positifs pour les voyageurs. L’étude fait ressortir également les fragilités structurelles de notre système ferroviaire.
Dans un contexte de fréquentation en hausse de 14 % depuis 2019, le bilan de l’ouverture à la concurrence est jugé vertueux. Là où la concurrence existe, l’offre ferroviaire s’étoffe, les tarifs diminuent et la fréquentation grimpe. La différence avec les secteurs encore sous monopole est frappante. Côté services conventionnés (TER, intercités), les régions ayant lancé des appels d’offres annoncent des hausses d’offre de 30 % à 100 % à coûts constants, voire en baisse, avec des exigences de qualité renforcées. Côté services librement organisés (lignes à grande vitesse), l’arrivée de nouveaux opérateurs a également élargi l’offre et contenu les tarifs. Sur l’axe Paris-Lyon, la fréquentation a progressé de 20 % entre 2019 et 2024, tandis que les prix moyens ont reculé de plus de 10 %. « Les trains à grande vitesse atteignent un record de remplissage avec une moyenne à 80 %, ce qui signifie que l’offre suit difficilement, voire pas suffisamment. L’offre en sièges plafonne, et le système actuel risque de ne pas être en mesure de satisfaire la demande », explique Thierry Guimbaud, président de l’ART dans les colonnes des Échos.
Mais cette dynamique met aussi en lumière les fragilités du modèle français. Pour le régulateur, ce ne sont pas les nouveaux entrants qui menacent les dessertes des villes moyennes, mais ces coûts d’accès au réseau. Le rail français pâtit, en effet, des péages versés à SNCF Réseau pour faire circuler les trains concurrents, parmi les plus élevés d’Europe. L’Autorité de régulation des transports appelle à les réduire en dehors des grandes métropoles, alors qu’ils représentent aujourd’hui près de 40 % du chiffre d’affaires des opérateurs alternatifs à la SNCF, et jusqu’à 60 % sur certains axes. Au final, pour le régulateur, le débat n’est donc plus de savoir si la concurrence peut fonctionner, mais de créer les conditions de sa réussite durable.
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