Le Groupe Eiffage accélère son redéploiement
26 juillet, 2001 par
Le Groupe Eiffage accélère son redéploiement
Les Echos Etudes


Pour Eiffage, l’exercice 2001 a été marqué par une accélération de son redéploiement par croissance interne et externe. Le groupe a en effet fortement accru ses investissements d’exploitation et surtout accéléré sa reconfiguration avec le renforcement de ses activités installation électrique (acquisition de quatorze nouvelles filiales), route (achat de quatre sociétés), construction (entrée dans le capital du cinquième constructeur polonais du BTP) et l’élargissement de ses interventions dans le domaine des concessions. Cette politique offensive, explicitée dans notre étude de marché, a été rendue possible par l’impact positif de la réorganisation menée depuis deux exercices et l’assainissement financier réalisé. Parallèlement, le groupe a achevé de restructurer son actionnariat en débouclant au mois de juin le RES (Rachat de l’Entreprise par les Salariés) mis en place en 1989.
Une faible progression des ventes induite par la seule croissance externe, mais un important relèvement du résultat. Au plan de l’activité, le groupe a connu une croissance très modérée puisque son chiffre d’affaires consolidé, soit 6 402 millions d’euros, n’a progressé que de 2,5 % en raison pour l’essentiel de l’impact de la croissance externe. Les ventes des deux principales branches ont en effet été affectées par la décélération de l’activité économique. L’activité BTP (Eiffage Construction), qui contribue le plus au chiffre d’affaires consolidé, a enregistré un faible recul de ses ventes, – 1,1 %, et l’activité route (Appia) a connu une croissance presque nulle, + 0,2 %. En revanche, les activités installation électrique et construction métallique ont enregistré une évolution favorable avec des taux de progression à deux chiffres, respectivement + 16,7 % pour Forclum et + 20,4 % pour Eiffel. Au plan des résultats, les restructurations et réorganisations menées depuis plusieurs exercices ont à nouveau porté leurs fruits puisque le résultat net consolidé a évolué très favorablement. Il a en effet fortement progressé, près de 48 %, pour s’établir à 152 millions d’euros. Toutes les activités du groupe ont été bénéficiaires et ont accru leur résultat. C’est particulièrement le cas de la branche BTP, + 85,3 %, qui joue un rôle déterminant dans le résultat consolidé et dont le
taux de marge nette a pratiquement doublé. Un rééquilibrage sectoriel et géographique pour lisser les cycles et accroître les marges. C’est pour lisser les effets de cycle de sa principale activité, le BTP, accélérer sa croissance et accroître ses résultats que depuis plusieurs années le groupe se renforce dans des métiers connexes. Il s’agit principalement de la route et de l’installation électrique, activités dont la valeur ajoutée est supérieure à celle de son métier historique, avec pour objectif de rééquilibrer ses débouchés. De plus, il renforce désormais ses activités concessions, qui génèrent des marges élevées et récurrentes, et diversifie ses débouchés géographiques notamment en Italie et en Pologne pour pallier sa dépendance à l’égard de son marché national. Dans le même temps il a poursuivi sa réorganisation en réunissant les activités génie civil d’Eiffage construction au sein d’une nouvelle structure, Eiffage TP, en constituant dans son pôle route une filiale spécialisée dans le traitement et le
recyclage de matériaux de construction, Envimat, et en créant au sein de ses activités route un pôle réseaux/environnement. Au total, ces diverses mesures lui ont permis de réduire à nouveau ses coûts fixes et d’accroître sa profitabilité.

L’amélioration de la structure de coûts se répercute sur les résultats. Au plan financier, en 2001 la faible progression du chiffre d’affaires s’est accompagnée d’une amélioration de la structure des coûts induite par la poursuite de la réorganisation menée : l’excédent brut d’exploitation a progressé de près de 24 % et le taux de marge d’exploitation s’est élevé à 4,2 % contre 3,5 % en 2000. Cette évolution favorable s’est également répercutée sur les résultats et sur les rentabilités économique et financière qui s’établissent respectivement à 20,2 et 19,2 %, et sont les plus élevées de la période étudiée. De plus, la bonne maîtrise du besoin en fonds de roulement a permis de relancer l’effort d’investissement industriel et, après paiement des contributions obligatoires aux apporteurs de capitaux, le cash-flow opérationnel est positif, représentant 2,2 % du chiffre d’affaires. Il a permis à Eiffage d’autofinancer une croissance externe destinée à renforcer les quatre principales branches du groupe. Celle-ci reste toutefois encore modeste, puisqu’elle ne représente que 1,4 % du chiffre d’affaires. Le groupe préfère contraindre ses flux financiers à son désendettement.
Une structure financière désormais totalement assainie. Comme les années précédentes le groupe a ainsi poursuivi sa stratégie de désendettement et de renforcement des fonds propres par une mise en réserve d’une partie de ses résultats. Elle lui a permis d’assainir totalement sa structure financière en 2001 et de ramener son taux d’endettement net à 1,4 % contre près de 90 % quatre ans auparavant. Elle lui a également permis de renforcer sa capacité d’acquisition totale. Celle-ci reste encore toutefois relativement faible dans la mesure où elle représente moins de 20 % de son chiffre d’affaires. Eiffage ne peut de ce fait réaliser d’opérations de croissance externe de grande ampleur mais a la possibilité de poursuivre sa politique d’acquisitions ciblées pour renforcer ses activités.

Le Groupe Eiffage accélère son redéploiement
Les Echos Etudes 26 juillet, 2001
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