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Après avoir atteint un plus haut historique en 2022 (161,7 Md€), en raison de la crise sanitaire, le déficit commercial de la France continue de se réduire. En 2025, selon les Douanes, il a atteint 69,2 Md€, soit 10 Md€ de moins qu’en 2024. Une amélioration portée principalement par la baisse des prix du pétrole raffiné et des hydrocarbures naturels conjugué à la dépréciation du dollar face à l’euro.
L’agroalimentaire en souffrance
Globalement, les exportations ont progressé de 2,5 % en 2025 pour atteindre 614,7 Md€. Ce rebond, expliquent les Douanes, « est principalement dû à la hausse des livraisons de produits aéronautiques » et à une bonne dynamique des exportations de produits pharmaceutiques, électroniques, optiques et métallurgiques. Un recul des ventes internationales de produits chimiques est, en revanche, à déplorer.
Les importations, de leur côté, sont mesurées à 703,6 Md€ en 2025. Elles s’inscrivent en hausse de 0,7 %, portées par l’augmentation de 2,9 % des importations de produits manufacturés, notamment aéronautiques, pharmaceutiques et agroalimentaires. Un secteur agroalimentaire, rappelle l’étude, dont le solde commercial s’est effondré de 5 Md€ en 2025. Son excédent n’a ainsi atteint que 200 M€, un plus bas depuis 25 ans qui souligne les difficultés que rencontrent les secteurs agricoles et agroalimentaires en France ces dernières années.
L’effet des surtaxes américaines
Malgré l’application des surtaxes douanières et de la dépréciation du dollar, le volume des exportations vers les États-Unis est resté stable, autour des 46 Md€ entre 2024 et 2025. Toutefois, cette stabilité ne tient qu’à la hausse des exportations de produits aéronautiques (+20 %, soit +1,9 Md€). Sans eux, les exportations françaises vers les États-Unis se seraient contractées de 5 % en 2025.
On note ainsi une forte dégradation des ventes outre-Atlantique de certains produits français. Les baisses les plus importantes concernent les boissons (-20 %), les parfums, cosmétiques, produits d’entretien (-19 %), les articles d’habillement (-12 %), les articles de joaillerie et de bijouterie (-23 %) et les instruments à usage médical, optique et dentaire (-15 %).
Autre effet induit par les nouvelles barrières douanières américaines : la volonté des autres pays exportateurs (la Chine notamment), eux-mêmes frappés par ces mêmes taxes, de trouver en Europe de nouveaux débouchés. Une stratégie commerciale agressive qui s’est soldée par une hausse de 7 % sur un an des importations françaises en provenance de la Chine et de Hong-Kong, du Mexique et du Canada, tandis que celles venant du reste du monde sont restées stables.
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