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QUEL EST L’ÉTAT D’ESPRIT DES RESTAURATEURS FRANÇAIS ?

L’enquête de l’ObSoCo et Service Compris révèle comment les restaurateurs jonglent entre passion, difficultés et recherche de soutien dans un secteur en mutation.
17 février 2026 par
QUEL EST L’ÉTAT D’ESPRIT DES RESTAURATEURS FRANÇAIS ?
DESCLOS Cécile

Crédit photo : Droits réservés

À l’occasion du salon Foodorama, l’ObSoCo et Service Compris ont dévoilé une étude inédite menée auprès de près de 200 restaurateurs et gérants d’établissements de restauration, révélant un portrait détaillé de la profession. L’étude met en lumière leurs motivations, leurs défis et leur adaptation aux évolutions du secteur. Tour d’horizon des principaux résultats de l’enquête.

• Une nouvelle génération d’entrepreneurs agiles. L’étude met en lumière une tendance significative : la restauration attire de nombreux profils en reconversion. Parmi les « néo-restaurateurs » (moins de 3 ans d’activité), 73 % ne sont pas issus du secteur, venant d’horizons variés tels que les loisirs, l’hôtellerie, le secteur public ou les médias. Ces nouveaux venus transforment les modèles traditionnels en adoptant une approche plus hybride, combinant diverses sources de revenus (71 % contre 59 % chez les restaurateurs établis), développant la vente à emporter et la livraison. Ils sont également très actifs sur les réseaux sociaux pour accroître leur visibilité (91 % contre 69 % chez les installés).

• Passion et indépendance, malgré les difficultés. Le rapport au travail des restaurateurs se distingue nettement de la moyenne nationale : 66 % évoquent l’épanouissement personnel, 48 % la passion, et l’indépendance est la première motivation à se lancer. Cependant, cette passion s’accompagne de défis majeurs. Une majorité des restaurateurs déclarent souffrir de stress (78 %) et d’anxiété (62 %), tant chez les néo-restaurateurs que chez les restaurateurs installés. Les principales difficultés de leur travail au quotidien sont la charge réglementaire et administrative liée à la gestion du restaurant et le coût d’achat des matières premières. En conséquence, 43 % ont envisagé d’arrêter leur activité au cours des 12 derniers mois (32 % chez les néo-restaurateurs, 57 % chez les restaurateurs installés). Les principales raisons du découragement des répondants ayant envisagé d’arrêter leur activité sont la fatigue (71 %), la rentabilité (71 %) et la charge mentale (60 %).

• Des restaurateurs qui demeurent plutôt optimistes. Malgré ces difficultés, plus de 8 entrepreneurs food sur 10 se disent satisfaits et referaient le même choix. Les néo-restaurateurs affichent un optimisme plus marqué pour l’avenir (76 % contre 44 % pour les installés).

• Un sentiment de reconnaissance mais un manque de soutien. L’étude révèle un paradoxe : les restaurateurs se sentent reconnus (68 %) mais peu soutenus (58 %).

• L’écosystème, maillon faible. Les restaurateurs se déclarent plutôt satisfaits de l’accompagnement des distributeurs et fournisseurs (87 %), des solutions technologiques (73 %) et des experts-comptables (66 %) dans leur activité professionnelle au quotidien. En revanche, ils sont moins satisfaits du soutien des collectivités locales et de l’administration (moins de 30 %). Pour surmonter leurs difficultés, ils se tournent principalement vers leur entourage (78 %) et leurs pairs (50 %). Ces résultats soulignent un besoin urgent de structurer l’écosystème, tant privé que public, pour offrir aux restaurateurs un accompagnement efficace, leur permettant de pérenniser leur passion et leur activité.

Copyright : Les Echos Publishing

Pour aller plus loin, découvrez notre étude "Le marché des cuisines du monde".

QUEL EST L’ÉTAT D’ESPRIT DES RESTAURATEURS FRANÇAIS ?
DESCLOS Cécile 17 février 2026
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