Le copacking : principal thème de réflexion des chefs d'entreprise
13 juillet, 2002 par
Le copacking : principal thème de réflexion des chefs d'entreprise
Les Echos Etudes


L’externalisation est devenue en quelques années un thème récurrent dans la réflexion des chefs d’entreprise sur la réorganisation de leurs activités. Autrefois décriée, souvent assimilée à la sous-traitance, elle est aujourd’hui considérée avec intérêt : aux raisons internes à l’entreprise (recentrage sur le coeur de métier, réduction des coûts, amélioration de la performance) se sont ajoutées des raisons externes (généralisation du benchmarking, développement du marché des prestataires) qui expliquent le phénomène. On a longtemps cru que l’externalisation était réservée à des domaines très éloignés du métier de l’entreprise. Ainsi, les premiers contrats d’externalisation concernaient essentiellement l’entretien, la restauration collective ou l’accueil. Mais, peu à peu, elle a gagné par mimétisme des domaines qui, sans être le coeur de métier, concernent des fonctions indispensables à la bonne marche de l’entreprise : ressources humaines, informatique, logistique… C’est dans ce contexte que se sont  développés le copacking et le comanufacturing.

Copacking et comanufacturing sont deux processus industriels externalisés.
• Définition du copacking
Le copacking est un processus de conditionnement qui intervient à l’issue de l’industrialisation en grande série, sur des produits finis ou semi-finis. Cette nouvelle
expression est synonyme du terme « conditionnement à façon ». Il s’agit :
• d’opérations d’emballage secondaire (i.e. emballage sans contact avec le produit),
° constitution de lots usuels (vente par 3, 6 ou 12, regroupement d’articles différents…) ;
° constitution de lots promotionnels (produit gratuit, ajout d’un échantillon…) ;
° « countryfication » (utilisation d’emballages et constitution de lots adaptés au destinataire) ;• d’opérations d’étiquetage (promotionnel ou spécifique),
• d’opérations de remplissage de présentoirs.
C’est une réponse à deux impératifs contradictoires pour les entreprises : produire en très grande série et s’adapter aux contraintes et aux spécificités de chaque marché. Ainsi, on parle de différenciation retardée : sur la base de quelques produits génériques, on crée une multitude de produits destinés à la vente.
• Exemples de copacking
Lu, pour lancer une campagne promotionnelle sur une référence, en proposant des lots de quatre paquets à prix réduits, a fait appel à Giraud Conditionnement. En effet, plutôt que de créer une rupture de charge dans sa production, Lu préfère externaliser les opérations de filmage et d’étiquetage. Ainsi, la société continue de produire en très grandes quantités tout en conservant une certaine réactivité aux demandes des équipes marketing. Kortex a adopté la même logique. Ce fabricant de modems est présent sur l’ensemble du marché européen. Il doit adapter son offre aux contraintes commerciales de chaque pays. Kortex a fait appel à Stock Express pour le conditionnement et l’expédition de ses produits :
le prestataire reçoit les produits semi-finis, les rassemble pour constituer des lots de vente (modem, câble, notice, logiciel d’installation, produit promotionnel… soit plus de 50 combinaisons différentes au final), gère l’emballage (mise en boite, filmage, étiquetage) et les bons de commande. Lors d’opérations de copacking, ce sont 10 à 15 % des opérations de production qui sont transférés de l’industriel au prestataire (si le cycle de production comprend 100 opérations pour passer des matières.

• Définition du comanufacturing
Le comanufacturing est un processus qui intervient dans les étapes finales de l’industrialisation en grande série, sur des produits non finis donc impropres à la vente, ou
sur des produits défectueux. Il s’agit :
• d’opérations de traitement de produits en vrac (mélange, découpage, moulage, etc.) ;
• d’opérations d’emballage primaire (mise en sachet, sous vide, embouteillage…) ;
• d’opérations d’assemblage d’éléments constitutifs du produit final ;
• d’opérations de tests, de contrôle et de maintenance (produit défectueux réinséré dans la chaîne de production au stade de l’emballage après avoir été réparé).
Tout comme le copacking, le comanufacturing permet aux entreprises de produire en masse et d’adapter ensuite leur produit à la demande finale. Mais le comanufacturing va plus loin :
il permet aux entreprises de se concentrer sur la conception et les opérations industrielles qui constituent leur coeur de métier (celles pour lesquelles leur savoir-faire est déterminant, et la valeur ajoutée supérieure).

• Exemples de comanufacturing
Décathlon, distributeur d’articles de sport, a développé sa propre ligne de produits qui représente aujourd’hui une part significative de ses ventes. Pour autant, l’entreprise n’a pratiquement aucun site de production. Son savoir-faire réside davantage dans ses méthodes de ventes et son anticipation du marché. De fait, Décathlon ne réalise que la conception de ses produits en interne et délègue la totalité de la production. La production des vélos pour la marque est particulièrement représentative de cette logique.
Les pièces détachées sont fabriquées dans les pays où le coût de la main-d’oeuvre est faible, tandis que l’assemblage est réalisé par Stock Express. Le prestataire gère le stockage des pièces et assure le montage sur une chaîne semi-automatisée, de telle sorte qu’en magasin, le vendeur n’a plus qu’à basculer le guidon, fixer les pédales et monter la selle. Stock Express prend ses commandes directement sur l’ordinateur central de Décathlon auquel il est relié. Pour Décathlon, le recours à un prestataire externe a permis de mieux gérer la saisonnalité. Stock Express est en effet en mesure d’assembler jusqu’à 600 vélos par jour lors de la pointe de consommation à Noël. Le nombre de techniciens qui réalisent l’assemblage varie entre 20 et 60 pour s’adapter aux variations des volumes assemblés. Chez Hays Logistic, on emballe des tablettes de chocolat pour Cantalou, une P.M.E. du sud de la France qui n’a pas souhaité investir dans une machine d’emballage : celle conçue par le prestataire a coûté 30 000 euros et nécessité trois mois de développement. Lors d’opérations de comanufacturing, ce sont 10 à 15 % des opérations de production qui sont transférés de l’industriel au prestataire.

Le copacking : principal thème de réflexion des chefs d'entreprise
Les Echos Etudes 13 juillet, 2002
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