L’ADIEU AUX TRAINS DE NUIT ?
10 mars, 2016 par
L’ADIEU AUX TRAINS DE NUIT ?
Les Echos Etudes


Le gouvernement envisage de fermer et d'ouvrir à la concurrence les lignes de train de nuit les moins rentables.

Adieu couchettes en similicuir, adieu les nuits blanches passées dans les trains, finies aussi les odeurs de tabac froid à l’arrivée à Venise au petit matin ? C’est en tous cas ce que projette très sérieusement le gouvernement. Et pour les transporteurs, le charme du soleil levant sur la lagune y perdra ce que l’ouverture à la concurrence y gagnera.

Concrètement, en juillet prochain, seules deux lignes resteront couvertes par la SNCF, les autres seront enfin ouvertes à la concurrence. La question restait celle des conditions dans lesquelles des lignes fermées – car structurellement déficitaires – pourront s’ouvrir à la concurrence et devenir rentables.

En décidant de ne plus financer l’exploitation de trois-quarts des lignes de nuit, le gouvernement propose aux opérateurs ferroviaires d’imaginer de « nouveaux schémas d’exploitation innovants ». Et de l’innovation, il en faudra pour rentabiliser des lignes qui représentent à elles seules 25 % des déficits des Intercités alors qu’elles ne transportent que 3 % des voyageurs (en chute de 25 % depuis 2011). Outre une demande en forte baisse, les éventuels repreneurs de ces lignes devront faire circuler leurs trains sur un réseau constamment perturbé par les travaux d’entretien qui se déroulent lorsque le trafic est le moins dense, c’est-à-dire la nuit.

Toujours est-il que, pour l’heure, aucune décision définitive n’a encore été prise, le gouvernement se laisse jusqu’au 1er juillet pour statuer sur l’arrêt ou non de certaines lignes de train de nuit. En attendant, les lignes nocturnes continueront à fonctionner normalement pendant que les candidats à la reprise cherchent à résoudre l’immense problème de la rentabilité du transport ferré de voyageurs sur longue distance et de nuit.

L’ADIEU AUX TRAINS DE NUIT ?
Les Echos Etudes 10 mars, 2016
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