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Des déplacements de plus en plus difficiles à financer
17 millions de Français sont désormais en situation de précarité mobilité, soit 31 % de la population majeure, contre 15 millions en 2024. C’est ce qui ressort de la 4e édition du Baromètre des Mobilités du Quotidien, dont les résultats sont issus d’une enquête Ipsos bva-CESI École d’Ingénieurs pour Wimoov, menée du 3 au 20 février 2026 auprès de 13 400 personnes résidant en France hexagonale et en Corse.
Les difficultés liées à la mobilité deviennent une cause directe de la fragilité économique des ménages. Elles n’en sont plus seulement une conséquence. En raison du coût élevé des carburants, les populations les plus modestes sont aujourd’hui contraintes d’arbitrer entre mobilités, alimentation, énergie, chauffage et santé.
Il faut dire que le coût de la mobilité pèse lourd : 225 € par mois en moyenne (hors achat de véhicule), un montant constitué principalement des frais de carburant et des primes d’assurance des véhicules thermiques. Ces dépenses représentent environ un quart du budget total des personnes vivant sous le seuil de pauvreté, contre environ 10 % pour les ménages aisés. Un constat d’autant plus alarmant que l’enquête a été réalisée avant le début des frappes aériennes des États-Unis et d’Israël sur l’Iran, qui ont depuis contribué à une flambée des prix des carburants.
Des renoncements qui deviennent fréquents
Conséquence directe de ces contraintes budgétaires, près d’1 Français sur 2 (48 %) limite certains déplacements pour réaliser des économies. Un ratio qui grimpe à 63 % chez les personnes vivant sous le seuil de pauvreté et à 62 % dans les familles monoparentales.
Si ces renoncements concernent principalement les loisirs, ils touchent aussi des besoins plus essentiels : 12 % des Français ont déjà renoncé à des soins et 10 % à un emploi, une formation ou une candidature faute de pouvoir s’y rendre. Chez les demandeurs d’emploi, cette proportion atteint même 26 %.
La voiture reste indispensable, faute d’alternatives
Autre enseignement majeur du baromètre : la dépendance automobile demeure bien présente.
La voiture reste le mode de transport principal de 72 % des Français, et même de 87 % des habitants des zones rurales. Pourtant, ce constat traduit moins un choix qu’une nécessité : 55 % des automobilistes estiment ne pas avoir réellement la possibilité de choisir leur mode de déplacement au quotidien. La voiture est jugée indispensable pour travailler, accéder aux soins ou effectuer les achats essentiels.
Cette dépendance est particulièrement forte dans les territoires peu denses. Alors que 37 % des Français déclarent ne pas disposer de transports en commun à proximité de leur domicile, cette proportion atteint 61 % dans les zones périurbaines et 79 % dans les zones rurales.
Enfin, malgré ces difficultés, les aides à la mobilité restent insuffisamment connues et accessibles. Seuls 28 % des Français connaissent les dispositifs d’aides à la mobilité durable, et 1 sur 2 connaît les aides à l’usage des transports en commun.
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