Se rendre au contenu

LA COMMISSION EUROPÉENNE VEUT FACILITER LES VOYAGES EN TRAIN

Billet unique, réservations simplifiées, correspondances mieux garanties… La Commission européenne a présenté une série de mesures pour harmoniser les voyages ferroviaires en Europe et encourager les trajets transfrontaliers. Un projet vivement contesté par les opérateurs du rail.
21 mai 2026 par
LA COMMISSION EUROPÉENNE VEUT FACILITER LES VOYAGES EN TRAIN
MEZIANI Hélène

Crédit photo : www.redbrick-design.com

La Commission européenne entend lever l’un des principaux freins au développement du train en Europe : la complexité des voyages transfrontaliers. Voyager d’un pays à l’autre suppose souvent de jongler entre plusieurs opérateurs, différentes plateformes de vente, des tarifs peu comparables et des itinéraires plus ou moins longs ou coûteux. Pour y remédier, l’Exécutif européen a présenté, le 13 mai dernier, un nouveau cadre réglementaire destiné à simplifier l’achat de billets et à renforcer les droits des passagers.

Un billet unique pour traverser l’Europe

La première mesure consiste à instaurer un billet unique pour les trajets ferroviaires à travers l’Europe. L’objectif est de permettre aux voyageurs d’acheter, sur une seule plateforme et en une seule transaction, un trajet pouvant inclure des services opérés par plusieurs compagnies ferroviaires. Ce billet unique doit ainsi rendre les voyages transfrontaliers plus lisibles, tout en réduisant les risques liés aux correspondances entre différents opérateurs.

Pour y parvenir, Bruxelles propose d’obliger l’ensemble des compagnies ferroviaires à rendre leurs billets accessibles aux plateformes qui souhaitent les vendre. Tous les tarifs, y compris les promotions, devraient être disponibles en temps réel. La Commission envisage même d’aller plus loin pour les acteurs dominants : les compagnies détenant au moins 50 % de parts de marché dans un pays pourraient être contraintes d’ouvrir leur billetterie en ligne à tout autre opérateur qui en ferait la demande.

Des plateformes de réservation plus ouvertes

L’ambition est claire : permettre aux passagers de comparer plus facilement les prix, les horaires et les conditions de voyage, puis d’acheter l’ensemble de leur trajet en une seule fois. Les plateformes devront, en outre, présenter les offres de manière neutre, en intégrant notamment les émissions de CO2. Un signal politique fort, alors que le secteur du transport représente environ un quart des émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne, dont seulement 0,3 % pour le transport ferroviaire.

Des droits renforcés en cas de correspondance manquée

La Commission veut également renforcer la protection des voyageurs en cas de correspondance manquée. Aujourd’hui, les droits des passagers restent souvent limités lorsque le trajet implique plusieurs opérateurs et plusieurs billets. Avec le billet unique, ces protections seraient étendues à l’ensemble du voyage. Concrètement, si un passager manque une correspondance couverte par ce dispositif, l’entreprise ferroviaire concernée devra lui proposer un réacheminement vers sa destination finale sans frais supplémentaires ou, à défaut, le remboursement du billet. Elle devra également assurer une assistance, pouvant inclure des repas ou un hébergement lorsqu’une nuitée devient nécessaire, ainsi qu’une indemnisation en cas de retard.

Une réforme vivement contestée

Ces mesures pourraient contribuer à augmenter de 5 % le nombre de passagers ferroviaires, selon le commissaire européen au Transport durable et au Tourisme, Apostolos Tzitzikostas. D’après les données d’Eurostat, près de 400 millions de passagers ont effectué des voyages internationaux en avion au sein de l’Union européenne en 2024, tandis qu’environ 150 millions ont emprunté le train pour des trajets transfrontaliers.

La proposition doit désormais être examinée par les États membres et le Parlement européen. Mais elle se heurte déjà à la vive opposition des compagnies nationales. À Bruxelles, la Communauté européenne du rail (CER), qui représente les opérateurs ferroviaires européens, dénonce une « ingérence sans précédent » de la Commission. « Je ne connais aucun cas où quelqu’un est obligé de vendre le produit d’un concurrent », a réagi Alberto Mazzola, responsable de l’organisation, interrogé par l’AFP.

Copyright : Les Echos Publishing

Pour aller plus loin, découvrez notre étude "Software defined vehicle : le nouveau visage de l’automobile".

LA COMMISSION EUROPÉENNE VEUT FACILITER LES VOYAGES EN TRAIN
MEZIANI Hélène 21 mai 2026
Partager cet article
Archiver