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Le cancer du poumon tue près de 31 000 personnes chaque année en France. Il reste la première cause de mortalité par cancer, et pour une raison bien identifiée : dans 73 % des cas, le diagnostic tombe trop tard, à un stade avancé où les options thérapeutiques sont limitées. Le taux de survie à 5 ans ne dépasse pas 20 %. C’est pour inverser cette trajectoire que l’Institut national du cancer (INCa) a officiellement lancé Impulsion (Implémentation du dépistage du cancer pulmonaire par scanner en population), le premier programme pilote de dépistage généralisé du cancer du poumon en France.
Le dispositif cible une population précise : les 50-74 ans, fumeurs actifs ou anciens fumeurs sevrés depuis moins de 15 ans, ayant consommé au moins un paquet par jour pendant 20 ans. Les participants, nécessairement volontaires, peuvent être orientés par un professionnel de santé ou s’inscrire directement sur la plate-forme dédiée. Une visite d’inclusion auprès d’un médecin investigateur est ensuite organisée pour vérifier l’éligibilité, recueillir le consentement éclairé et proposer systématiquement une consultation de tabacologie. Le suivi repose sur 3 scanners thoraciques à faible dose (2 espacés d’un an, puis 1 à 2 ans d’intervalle) intégralement pris en charge par l’Assurance maladie. La lecture des images est assurée par deux spécialistes indépendants, chacun assisté d’un système d’intelligence artificielle. À terme, le programme vise 20 000 participants.
Un déploiement d’abord en région avant un déploiement national
Dans un premier temps, Impulsion se déploie dans 5 régions : Île-de-France, Hauts-de-France, Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, avant une extension nationale prévue en 2027. L’ambition affichée est claire : « Nous voulons qu’il y ait un dépistage généralisé du cancer du poumon d’ici à 2030 », déclarait la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, le 4 février dernier. Les données scientifiques plaident en ce sens : les essais cliniques internationaux montrent que le dépistage par scanner réduit la mortalité par cancer du poumon de 20 à 25 %, et que l’association dépistage-sevrage tabagique permettrait de diminuer de 38 % le risque de décès. Des pays comme le Royaume-Uni ou la Pologne ont d’ores et déjà franchi le pas, avec des résultats probants. « 80 % des cancers détectés sont encore au stade local », souligne le Pr Sébastien Couraud, pneumologue à l’hôpital Lyon Sud et référent du programme, ce stade étant précisément celui où la guérison reste possible.
Depuis plusieurs années, la France accélère sur le terrain de la prévention. Trois programmes de dépistage organisés existent déjà – cancer du sein, cancer colorectal et cancer du col de l’utérus – et Impulsion pourrait venir compléter ce dispositif et devenir le quatrième, si les résultats attendus se confirment à l’horizon 2030. Un signal encourageant pour une politique de santé publique qui, face aux 53 000 nouveaux cas de cancer du poumon recensés chaque année, a plus que jamais besoin de se renforcer.
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