[INTERVIEW] L'ENSEIGNE DOIT GARANTIR LA QUALITE DES SERVICES PHARMACEUTIQUES
S'appuyant sur un concept rénové, le réseau de pharmacies Giropharm vise 80 % de ses adhérents sous enseigne à horizon 2025. Interview de Gilles Unglik, Directeur général opérationnel de Giropharm.
29 août, 2022 par
[INTERVIEW] L'ENSEIGNE DOIT GARANTIR LA QUALITE DES SERVICES PHARMACEUTIQUES
LES ECHOS ETUDES


Après 10 années passées à la direction commerciale de GSK Santé Grand Public, vous avez rejoint Giropharm en 2020. Qu’est-ce qui vous a motivé à relever ce nouveau défi professionnel ?

Gilles Unglik : mon arrivée à la direction opérationnelle du groupement coïncide avec le renouvellement de certains administrateurs. Elle marque la volonté de Giropharm de changer son image et de moderniser son organisation. Il s’agit d’un challenge passionnant, au moment où la pharmacie prend le virage des services et du numérique. Mon rôle est d’accompagner cette transformation et d’insuffler une nouvelle dynamique.

Quels sont les projets que vous avez menés au cours de ces 2 dernières années ?

G. U. : ils sont nombreux ! Lancement de notre marque propre, accélération de l’enseigne, lancement de notre booster d’apport, renouvellement de notre charte graphique, démarrage de notre projet RSE… Nous menons, depuis 2 ans, un travail de fond sur la plate-forme de marque et la modernisation des outils de pilotage des officines. Nous avons aussi renforcé les moyens et les équipes pour accompagner les adhérents dans la transformation de leur métier.

Jusqu’en 2020, l’enseigne n’était pas une priorité pour Giropharm. Pourquoi ce virage ?

G. U. : l’enseigne existe en réalité depuis 2002. Elle rassemble actuellement la moitié environ des adhérents, si l’on se réfère au concept précédent. Mais il est vrai que son développement n’était pas considéré comme stratégique. Le rôle décisif que les pharmacies jouent dans la lutte contre le Covid-19 et la nouvelle convention pharmaceutique changent la donne. La profession met résolument le cap sur les services auprès des patients, ce qui requière de nouvelles organisations et des moyens supplémentaires. L’enseigne se positionne ainsi comme un label, garant de services de qualité auprès de nos patients.

Comment votre nouveau concept répond-il à cette évolution ?

G. U. : conçu avant la crise sanitaire, en 2018, notre concept valorise la « pharmacie de services ». Il met plus particulièrement l’accent sur la santé de la femme, la prise en charge de la douleur, le diabète et le cancer. Les espaces sont aménagés afin d’identifier clairement les univers produits, les services et les zones consacrées à l’accueil des patients. Sur les 526 pharmacies adhérentes, une centaine est d’ores et déjà passée à ce nouveau format et nous avons près de 70 dossiers en attente.

Le repositionnement de l’enseigne s’accompagne aussi du lancement de votre marque propre.

G. U. : en effet, nous avons lancé en début d’année notre gamme de dermocosmétiques, éco-responsable et fabriquée en France. Celle-ci est d’ores et déjà référencée par les deux tiers des adhérents et nous prévoyons de l’élargir à d’autres segments de produits.

À quel profil de pharmacies l’enseigne Giropharm s’adresse-t-elle ?

G. U. : l’enseigne respecte l’identité historique de Giropharm et a été conçue pour accueillir la majorité de nos adhérents. Leur profil est très similaire à celui de la pharmacie française type. Une taille minimale est toutefois requise car il est nécessaire de disposer d’une surface suffisante et d’une équipe étoffée pour développer les services. Les officines doivent réaliser au moins 1,5 M€ de CA annuel, idéalement 2 à 2,5 M€. Pour le reste, il n’y a pas de typologie précise. Notre réseau est implanté dans toute la France, à l’exception de la région PACA, avec des installations plutôt en centre-ville et en centre-bourg.

Comment accompagnez-vous vos adhérents ?

G. U. : Giropharm propose de financer 30 % de l’aménagement extérieur, première étape du passage complet à l’enseigne. Les nouveaux adhérents peuvent bénéficier d’un booster d’apport allant jusqu’à 500 K€, sous forme d’obligations non convertibles et remboursable au bout de 12 ans. Un soutien appréciable pour les nouveaux venus qui s’engagent à adopter le concept global. Ils accèdent à une large palette de services, acceptant en contrepartie de respecter un certain nombre d’engagements : mise en place des flux poussés et des campagnes promotionnelles, référencement de la marque propre et des deux génériqueurs partenaires, carte de fidélité et installation d’espaces « RDV Santé ». Pour le reste, les pharmaciens sont libres d’aménager leur officine comme ils le souhaitent et de développer les univers produits adaptés à leur zone de chalandise. Chaque officine Giropharm garde son identité propre.

Quels sont vos objectifs en nombre d’adhérents ?

G. U. : nous visons 700 adhérents en 2025 et une extension du réseau dans le sud-est de la France. Nous ciblons les jeunes pharmaciens qui veulent s’installer, ainsi que les officines membres de GIE locaux ou insatisfaites de leur groupement actuel.

Giropharm investit depuis longtemps dans la certification qualité. Allez-vous préserver cette spécificité ?

G. U. : plus que jamais ! Nous sommes partenaires de Pharma Système Qualité et la certification est obligatoire au sein du groupement. 93 % des adhérents sont aujourd’hui certifiés QMS Pharma et les 7 % sont en cours de certification. Cet engagement permet d’améliorer l’organisation et la gestion des ressources humaines. Ce qui peut être perçu comme une contrainte est en réalité un atout, à l’heure où le métier se transforme et où les officines rencontrent des difficultés de recrutement. Fidéliser les équipes, leur offrir des perspectives d’évolution et attirer de jeunes collaborateurs : ce sont des compétences clés que la démarche qualité aide à développer.

Pour finir, quelle est votre vision de la pharmacie à horizon 5 ans ?

G. U. : je crois au modèle de la pharmacie indépendante mais fédérée autour d’une enseigne forte. L’avenir de la pharmacie repose sur sa capacité à jouer un rôle actif dans le suivi des patients. J’imagine la pharmacie de demain comme un espace de santé phygital, dont les services permettront d’améliorer l’accès aux soins et de faire gagner du temps, tant aux pharmaciens qu’aux patients.

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LES ECHOS ETUDES 29 août, 2022
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