Grande distribution : des centrales d'achat à vocation européenne
19 juillet, 2003 par
Grande distribution : des centrales d'achat à vocation européenne
Les Echos Etudes


L’optimisation des achats conditionne les marges d’exploitation des enseignes comme le montre notre étude de marché. L’optimisation des centrales, par regroupement (consolidation des flux d’achats des trois formats de Système U en 2003) ou réorganisation (refonte de la centrale d’achat alimentaire de Carrefour en 2003) vise ainsi. La réduction du taux de marque via l’accroissement de la puissance de négociation : réduction des prix d’achat (logique de massification), défense voire progression des marges arrières. Le nivellement des conditions commerciales dont bénéficient deux enseignes distinctes. La mutualisation des coûts de gestion de la centrale. Si l’organisation des achats sur le marché domestique demeure stratégique, la tendance est néanmoins à la mise en place de centrales de taille internationale et à une massification des achats sur le plan européen, des objectifs spécifiques venant alors s’ajouter à l’augmentation du pouvoir de négociation. Répondre aux attentes des grands industriels (Nestlé, Danone, Unilever,
Colgate), lesquels privilégient désormais des stratégies européennes et la négociation de contrats globaux avec un minimum d’interlocuteurs. Partager les compétences (marques propres, gammes…) avec des partenaires étrangers et faciliter l’adaptation aux spécificités locales. Accélérer ou rattraper un retard dans le développement à l’international. Plusieurs opérations illustrent cette européanisation des achats. Début 2003, Carrefour a annoncé son intention d’étendre les activités de Socomo, centrale d’achat spécialisée dans les fruits et légumes et basée en Espagne, pour en faire la principale base de distribution de ces produits en Europe. Fin 2002, Intermarché s’est associé avec le distributeur espagnol Eroski dans l’optique d’une massification de leurs achats et d’un partage de leur compétences. Selon cet accord, qui prévoit la naissance d’une jointventure basée à Genève, Intermarché délègue à Eroski ses achats sur le marché espagnol. Inversement, le groupe basque délègue les achats de
ses quelques magasins français à la centrale alimentaire des Mousquetaires. À terme, les deux enseignes pourraient être rejoint par d’autres groupes indépendants désireux de rattraper leur retard sur le plan international. En 2002, Auchan et Casino ont créé une filiale commune destinée à « accélérer l’introduction simultanée de nouveaux produits dans plusieurs pays et à organiser des opérations promotionnelles internationales ». Si la nouvelle entité, baptisée IRTS (International Retail and Trade Service), ne se substituent pas aux centrales d’achat des deux distributeurs français, elle accroît néanmoins leur pouvoir de négociation auprès des grands industriels
et s’accompagne d’un lissage des conditions commerciales dont chaque enseigne bénéficie, les fournisseurs devant s’aligner sur les conditions les plus avantageuses faites à l’une des enseignes.

Grande distribution : des centrales d'achat à vocation européenne
Les Echos Etudes 19 juillet, 2003
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