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DETTE PUBLIQUE : OÙ EN EST-ON ?

Avec un niveau d’endettement de plus de 117 % de son PIB et un déficit supérieur à 5 %, la France compte parmi les pays européens les plus en difficulté.
1 septembre 2026 par
DETTE PUBLIQUE : OÙ EN EST-ON ?
LES ECHOS ETUDES

Crédit photo: HJBC - stock.adobe.com

En cette fin d’été, les premiers thèmes de la prochaine campagne présidentielle commencent à se dessiner. Parmi eux, la dette publique et la manière dont on pourrait la contrôler, voire la réduire, est largement repris. Une bonne raison, en quelques chiffres, de faire un point sur la situation de notre pays.

3 536 Md€

Selon les derniers chiffres publiés par l’Insee, la dette publique brute (addition de tous les passifs financiers des administrations publiques : État, organismes divers d’administration centrale, administrations de sécurité sociale et administrations publiques locales), atteignait, à la fin du 1er trimestre 2026, 3 536,1 Md€. À titre de comparaison, l’Allemagne, pourtant plus peuplée que la France, affiche une dette publique bien inférieure à celle de notre pays (2 726 Md€).

Par habitant, la dette française atteint 51 550 €. C’est 1,7 fois moins que la dette américaine « per capita » (88 000 €, l’une des plus élevées du monde), mais 1,2 fois plus que la moyenne des pays de la zone euro (42 000 €). Les habitants grecs restent les plus endettés d’Europe (70 000 €), suivis des Belges (55 000 €), des Italiens (54 450 €) et des Français. Les Estoniens (6 500 €) supportent la dette publique la plus faible avec les Bulgares (7 200 €).

117,5 %

Ramenée au PIB, la dette française atteint 117,5 %, très au-dessus de la limite des 60 % inscrite dans le Pacte de stabilité et de croissance de l’UE adopté en 1997. À cette époque, la dette française atteignait déjà 61 % du PIB.

En Europe, la France est le pays dont le ratio d’endettement/richesse créée est le troisième plus élevé derrière la Grèce (143,5 %) et l’Italie (138,9 %). En moyenne, les pays européens (zone euro) affichent un taux d’endettement de 89 % du PIB. L’Allemagne, notre principal partenaire économique, supporte une dette publique équivalente à 63,4 % de son PIB et les États-Unis une dette de 126 %.

Plus de 5 %

En plus d’être très endettée, la France présente, régulièrement, un déficit budgétaire qui l’oblige à emprunter pour honorer ses charges et son train de vie. La dernière fois que la France a présenté un excédent, c’était en 1974. Le taux moyen sur ces 50 dernières années s’établit ainsi à -3,3 %, le plus faible ayant été enregistré en 1980 (-0,6 %) et le plus élevé en 2020 (-8,9 %) suite au « quoi qu’il en coûte » mis en place lors de la crise du Covid-19. Depuis l’instauration du pacte de stabilité, la France n’est jamais parvenue, plus de 3 ans de suite, à maintenir un déficit inférieur à 3 % de son PIB.

À l’échelle européenne, la France présentait, en 2025, le 4e ratio déficit/PIB (-5,1 %) le plus dégradé. Seuls la Belgique (-5,2 %), la Pologne (-7,3 %) et la Roumanie (-7,9 %) enregistraient une situation moins favorable. À l’inverse, le Danemark (+2,9 %), ou encore la Grèce (+1,7 %) affichaient un excédent budgétaire.

66 Md€

Enfin, la charge de la dette, autrement dit le paiement des intérêts et des frais bancaires a atteint, en 2025, 66,6 Md€, soit 2,2 % du PIB. En raison de la flambée des taux d’intérêts, elle pourrait dépasser 70 Md€ en 2026, très près du budget de l’Éducation nationale (89 Md€) ou de celui des armées (93 Md€) et bien au-delà du budget de la Recherche et de l’Enseignement supérieur (32 Md€).

Copyright: Les Echos Publishing

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LES ECHOS ETUDES 1 septembre 2026
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