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DE LA RECHERCHE A L’ACCÈS AUX TRAITEMENTS, LA FRANCE PERD DU TERRAIN

L’innovation en santé marque le pas dans l’Hexagone. De la recherche publique à l’arrivée des nouveaux traitements, les retards s’accumulent et le décrochage se confirme.
8 juillet 2026 par
DE LA RECHERCHE A L’ACCÈS AUX TRAITEMENTS, LA FRANCE PERD DU TERRAIN
Hélène SAGNES

Crédit Photo: Getty Images

Premier signal d’alarme : la recherche. Au CNRS, le déficit voté fin 2025 atteint 239 M€, entraînant un gel massif des recrutements et des renouvellements de CDD. L’Inserm, l’Inrae, l’Inria et le CNES sont, eux aussi, sous tension. Sur le terrain, les difficultés touchent les équipements lourds, les consommables, mais aussi les plates-formes comme l’imagerie, la génomique ou l’animalerie, mises en difficulté par le manque de moyens des laboratoires. Le déclassement se lit aussi dans les indicateurs : la France n’est plus qu’à la 13e place mondiale pour les publications scientifiques, contre la 6e en 2010, et sa part dans les bourses du Conseil européen de la recherche est tombée à 8,8 % en 2024, en net recul.

Le constat est le même du côté des protocoles cliniques. En 2025, pour la première fois, moins de la moitié des essais cliniques conduits en Europe comptaient la France parmi les pays participants, contre 56 % en 2022. En cause, notamment, des délais de plus de 185 jours pour lancer le recrutement des patients. Dans le même temps, l’Espagne, plus réactive, participe désormais à 64 % des nouveaux essais européens, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni. Le Leem appelle ainsi l’Exécutif à « agir dans les 10 prochains mois », en accélérant notamment la recherche clinique.

Au terme du parcours, l’accès des patients aux nouveaux traitements se dégrade lui aussi. Selon le Leem, seuls 60 % des médicaments ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché entre 2021 et 2024 sont aujourd’hui disponibles en France, contre 93 % en Allemagne, 79 % en Italie et 69 % en Espagne. Le délai médian de remboursement atteint 520 jours en 2025, contre 443 jours en 2022, ce qui place désormais l’Hexagone en dernière position parmi les pays étudiés. « On parle de médicaments qui ne seront jamais disponibles sur le marché français ou qui arriveront très en retard, ce qui représente une réelle perte de chance pour les patients français », alerte Auriane Cano-Chancel, présidente d’AstraZeneca France. Le Leem appelle donc à accélérer les négociations sur les prix et le remboursement. Pour les professionnels de santé, l’enjeu est concret : derrière ces délais, c’est la disponibilité des thérapeutiques de demain qui se joue, et plus largement la capacité du pays à rester dans la course.

Copyright: Les Echos Publishing

Pour aller plus loin, découvrez notre étude "Le marché français des soins et médicaments vétérinaires". 

DE LA RECHERCHE A L’ACCÈS AUX TRAITEMENTS, LA FRANCE PERD DU TERRAIN
Hélène SAGNES 8 juillet 2026
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