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Réalisée pour le compte du syndicat des entreprises du médicament (Leem), le dernier baromètre de l’institut Ipsos, menée auprès de 300 médecins généralistes, spécialistes et pharmaciens, met en lumière une dégradation ressentie par 83 % des soignants au cours des 10 dernières années. Parmi ceux-ci, une proportion significative de 51 % estiment même que la situation s’est « beaucoup détériorée ». Cette perception est particulièrement forte chez les pharmaciens (90 % de détérioration perçue), devant les médecins généralistes (82 %) et les spécialistes (77 %). Le diagnostic est sans appel : pour une écrasante majorité de professionnels du soin, le système de santé français est en « polycrise », comme le souligne Étienne Mercier, directeur du département santé d’Ipsos.
Au cœur de cette tourmente, les préoccupations majeures s’articulent autour de l’accès et de la qualité de la prise en charge. En tête des sujets « préoccupants », on retrouve les délais d’obtention d’un rendez-vous médical, cités par 92 % des soignants, et l’accès aux soins selon le territoire, un point jugé critique par 89 % d’entre eux. Ces deux inquiétudes sont particulièrement prégnantes puisque plus de la moitié des répondants (51 %) les considèrent même comme « très préoccupantes ». La disponibilité des médicaments et la lutte contre les pénuries apparaissent comme la troisième source d’anxiété, jugée « préoccupante » par 75 % des répondants. Viennent ensuite la prise en charge du vieillissement et de la dépendance (71 %), et l’organisation et la coordination des parcours de soins (61 %). On ne dénombre ainsi pas moins de 5 thématiques phares qui rassemblent un niveau d’inquiétude très significatif et soulignent la confrontation quotidienne des professionnels de santé à une multitude de défis impactant directement la prise en charge des patients.
Face à ce constat, le Leem voit une convergence d’intérêts pour repenser collectivement le secteur. C’est dans cet esprit qu’une vaste concertation nationale est lancée via la plate-forme avenir.medicament.org, ouverte jusqu’en juin 2026. L’objectif : fédérer l’ensemble des acteurs – citoyens, soignants, laboratoires – pour élaborer une feuille de route concrète. Cette démarche participative, ponctuée de débats régionaux et d’un grand événement à SantExpo 2026, vise à dépasser les clivages. Il s’agit de s’affranchir d’une régulation des dépenses trop axée sur le seul rapport « prix/volume » pour mieux valoriser l’innovation, renforcer la souveraineté nationale dans la production pharmaceutique et lutter contre le décrochage français et européen en matière de recherche et développement. L’heure est à l’action collective pour forger un avenir du soin plus robuste et plus équitable.
Source : sondage Ipsos BVA pour le Leem, réalisé selon la méthode des quotas, du 17 au 25 février 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 300 professionnels de santé : 100 médecins généralistes libéraux, 100 médecins spécialistes hospitaliers/mixtes et 100 pharmaciens d’officine
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