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Les chiffres sont sans appel. Selon les données conjointes de la FMB (Fédération des magasins de bricolage) et d’Inoha (Industriels du nouvel habitat), le chiffre d’affaires des grandes surfaces de bricolage (GSB) s’est établi à 21,8 Md€ en 2025, en repli de 1,4 %. Après une baisse de 1,4 % en 2023, puis de 4,3 % en 2024, le secteur enchaîne ainsi une troisième année dans le rouge. Parallèlement, le parc de GSB continue pourtant de croître, atteignant 2 400 points de vente fin décembre 2025, soit 1 % de plus qu’un an plus tôt, pour un total de plus de 8 millions de m². Cette expansion du réseau, conjuguée à la contraction des ventes, produit un effet ciseau préoccupant : le chiffre d’affaires au m² recule de 2,4 %, à 2 714 € en moyenne.
Les grands formats résistent, les dépôts décrochent
De fortes disparités entre les différents formats de points de vente sont à souligner. Les magasins « big box » (plus de 10 000 m²), qui représentent désormais 54 % du chiffre d’affaires du circuit, affichent une quasi-stabilité, à -0,3 %, et voient même leur part de marché progresser. À l’inverse, les magasins de format « dépôt » (de 4 000 à 10 000 m²) accusent la plus forte chute, à -3,3 %, tandis que les enseignes de proximité (moins de 4 000 m²) reculent de 2,1 %. Cette résistance des grandes surfaces s’explique en partie par les efforts de modernisation engagés par des enseignes comme Leroy Merlin ou Castorama, notamment autour de l’omnicanalité. Leader incontesté du secteur, Adéo (Leroy Merlin, Weldom, Bricoman) s’arroge 51 % des parts de marché à fin 2025, devant Kingfisher (Castorama, Brico Dépôt) à 25 %, et Les Mousquetaires (Bricomarché, Bricocash et Bricorama/Tridôme) à 14 %.
Le e-commerce, relais de croissance limité
Les ventes en ligne enregistrent un bond de 7,7 % par rapport à 2024, quand les ventes en magasin reculent de 1,9 %. Pourtant, la part du e-commerce dans le chiffre d’affaires global du bricolage ne dépasse pas 6,2 % en 2025, loin des 35 % atteints dans le secteur des biens techniques et durables. Les fédérations l’expliquent par la nature même des produits : pondéreux, volumineux, souvent à choisir en magasin pour leur couleur ou leur texture, et qui s’inscrivent dans des projets étalés dans le temps, nécessitant des allers-retours fréquents en point de vente.
L’immobilier, lueur d’espoir encore fragile
Le marché du bricolage observe avec attention les signaux de l’immobilier, dont il est structurellement dépendant. Sur l’ensemble de l’année 2025, les ventes dans l’ancien ont rebondi de 13 %, à 951 000 transactions, après des baisses de 20 % en 2023 et de 9 % en 2024. Les permis de construire ont progressé de 15 % et les mises en chantier de 5 % par rapport à 2024. Ces indicateurs restent néanmoins inférieurs à leurs moyennes de long terme, tempérant tout optimisme prématuré.
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