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Signé le 7 avril par les représentants des syndicats de la profession et l’Assurance maladie, l’avenant n°2 élargit considérablement l’accès à l’aide conventionnelle de 20 000 € par an. Initialement prévue pour un nombre restreint de pharmacies en territoires fragiles, ce soutien financier sera accessible à près d’un millier d’officines dès 2026, grâce à des critères d’éligibilité assouplis. Philippe Besset, président de la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France (FSPF), précise que « cette aide est un pansement pour permettre le rebond », en attendant des mesures plus pérennes. En outre, l’avenant introduit des ajustements importants concernant la Rémunération sur Objectifs de Santé Publique (ROSP) pour les biosimilaires et génériques, ainsi que la simplification du dispositif de traçabilité des téléconsultations, répondant ainsi à des problématiques soulevées par les pharmaciens.
Au-delà de ces mesures immédiates, l’avenant n°2 constitue un point de départ pour des négociations structurelles visant à transformer le fonctionnement économique de la pharmacie. L’objectif est de passer « d’un modèle centré sur le produit de santé vers un modèle toujours plus orienté vers le patient grâce aux services, aux accompagnements et à la prévention », comme le résume l’Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officine (USPO). Les discussions futures porteront notamment sur la généralisation de l’expérimentation OSyS, l’extension des compétences des pharmaciens (dépistage de l’hypertension, douleurs dentaires, conjonctivites allergiques et bactériennes, contraception orale d’urgence, dépistage de la DMLA, de l’ostéoporose, du cancer du col de l’utérus, repérage des addictions et des IST), et l’intensification des interventions pharmaceutiques. Ces évolutions soulignent la volonté de renforcer le rôle du pharmacien au cœur du système de santé, tout en appelant à une réforme indispensable du modèle économique pour éviter les risques de financiarisation.
La signature de cet avenant ouvre donc la voie à un chantier ambitieux. Les syndicats attendent désormais une lettre de cadrage de la ministre de la Santé et la consultation intégrale du rapport IGAS-IGF, pour entamer les négociations sur le nouveau modèle de rémunération. L’enjeu est de taille : assurer la pérennité du maillage officinal et valoriser pleinement les missions des pharmaciens pour le bénéfice des patients. Comme le souligne l’USPO, « aider 1 000 pharmacies grâce à l’avenant n°2 c’est bien, maintenant il faut sauver les 19 000 autres. »
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