ALCATEL : UNE AMÉLIORATION DU FINANCEMENT DU CYCLE D’EXPLOITATION ET UN RALENTISSEMENT DES INVESTISSEMENTS
27 juillet, 2002 par
ALCATEL : UNE AMÉLIORATION DU FINANCEMENT DU CYCLE D’EXPLOITATION ET UN RALENTISSEMENT DES INVESTISSEMENTS
Les Echos Etudes


L’optimisation de la gestion des stocks permet une baisse sensible du besoin en fonds de roulement comme nous le précisons dans notre diagnostic entreprise. Malgré un EBE en forte baisse, l’ETE (qui représente les liquidités dégagées par l’activité courante) a nettement progressé grâce à l’amélioration du BFR. Après l’envolée de ce dernier en 2000 en raison de l’explosion des stocks, le groupe a fait de l’optimisation du cycle d’exploitation l’une de ses priorités. Alcatel est ainsi parvenu à réduire ses stocks de plus de 1 milliard d’euros. Les encours clients ont également diminué suite au ralentissement de l’activité et, dans une moindre mesure, à la réduction de la durée de règlement (– 1 jour de chiffre d’affaires en 2001). Parallèlement, le retournement conjoncturel a conduit à une diminution des dettes fournisseurs (– 1 313 MEUR). Résultat, pour la première fois sur la période, le besoin en fonds de roulement recule de 1 100 MEUR en 2001 et vient compenser l’impact de la baisse de l’EBE. L’excédent de trésorerie d’exploitation est ainsi multiplié par plus de 30 et atteint plus de 25 % de la valeur ajoutée. Cette tendance devrait se poursuivre en 2002, le groupe poursuivant ses efforts en termes de maîtrise du cycle d’exploitation. Les stocks et les délais de règlement fournisseurs constituent les principaux domaines sur lesquels Alcatel dispose de leviers d’action. La politique d’optimisation des stocks mise en place en 2001 s’est traduite par une réduction de la rotation des stocks (– 9 jours de chiffre d’affaires). Toutefois, leur niveau reste encore élevé (89 jours de chiffre d’affaires) et nécessitera une reprise de l’activité pour retrouver le niveau de 1999. Le groupe est également parvenu à allonger le délai de règlement des fournisseurs de 6 jours pour atteindre 72 jours de facturations. En revanche, la marge de manoeuvre sur les encours clients semble se réduire puisque, après une forte diminution de la durée de règlement en 2000, celle-ci ne recule que de 1 jour en 2001. Au total, le solde commercial continue de se réduire, passant de 63 jours en 2000 (et 77 jours en 1999) à 56 jours en 2001. A la hausse de l’ETE, consécutive à l’amélioration des stocks et des décalages de règlement, vient s’ajouter le recul de 4,7 % des investissements d’exploitation, à 1 748 MEUR. La conjugaison de ces deux phénomènes est à l’origine d’une nette amélioration du DAFIC (ou solde disponible après financement interne de la croissance) qui redevient positif en 2001, à 311 MEUR. Celui-ci reste toutefois extrêmement faible, puisqu’il ne représente que 3,9 % de la valeur ajoutée. Si cette situation traduit la réussite de la réaction du groupe suite à la dégradation de son solde de financement (DAFIC) en 2000, elle reste cependant préoccupante. En effet, le niveau des investissements demeure relativement faible. Les investissements rapportés aux amortissements représentent un rapport de 0,3, soit un niveau nettement inférieur à une norme de remplacement de l’ordre de 1,5. De ce fait, la hausse du taux de renouvellement ne s’explique que par une réduction des immobilisations brutes consécutive aux cessions des sites de production et de la division Nexans en 2001. Or, le groupe observe un DAFIC très bas en dépit de la faiblesse de ses investissements, signe d’une situation contraignante pour l’équipementier français. Toutefois, il convient de souligner que la ralentissement des investissements fait suite à une période de forts, voire de sur-investissements en 2000. De plus, le retournement de la conjoncture et l’externalisation des activités productives contribue également à réduire les investissements d’exploitation. Aussi, il semble probable que le DAFIC continue de progresser en 2002 suite aux efforts en matière de cycle d’exploitation et de rationalisation des investissements.

ALCATEL : UNE AMÉLIORATION DU FINANCEMENT DU CYCLE D’EXPLOITATION ET UN RALENTISSEMENT DES INVESTISSEMENTS
Les Echos Etudes 27 juillet, 2002
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