TÉLÉCONSULTATIONS : UN QUART DES PHARMACIENS D’OFFICINE SONT PRÊTS À SE LANCER

TÉLÉCONSULTATIONS : UN QUART DES PHARMACIENS D’OFFICINE SONT PRÊTS À SE LANCER

La publication au JO de l’avenant 15 officialise la téléconsultation médicale en pharmacie. Une enquête réalisée cet été par Direct Medica et Les Echos Etudes révèle l’intérêt de la profession officinale pour ce nouveau service.

L’extension des services pharmaceutiques se poursuit. L’arrêté du 2 septembre dernier entérine les modalités opérationnelles des téléconsultations remboursables par l’Assurance maladie. Echaudés par les difficultés rencontrées lors des entretiens pharmaceutiques et des bilans de médication, les pharmaciens sont-ils vraiment prêts à se lancer dans cette nouvelle aventure ? D’après l’enquête réalisée en juillet dernier par Direct Medica et Les Echos Etudes, près de 25 % d’entre eux envisagent de proposer très prochainement ce nouveau service à leur patientèle. Une proportion non négligeable qui s’explique par un environnement favorable à la téléconsultation : l’admission au remboursement depuis septembre 2018, la raréfaction du temps médical, la crise des urgences hospitalières et bien sûr, la persistance voire l’aggravation des déserts médicaux qui menacent dans certains territoires la pérennité de certaines officines. Ainsi, pour 83 % des pharmaciens interrogés, l’avantage de la téléconsultation est qu’elle permet d’éviter l’apparition de déserts pharmaceutiques, et près de 70 % d’entre eux pensent qu’elle se développera plutôt dans les zones sous-médicalisées.

Ceux qui prévoient de se lancer ont le choix entre plusieurs solutions techniques. 40 % opteraient pour un équipement à installer dans leur zone de confidentialité, composé d’un terminal, d’un lit ou d’un fauteuil et de dispositifs médicaux communicants, contre un tiers environ qui se limiterait à un logiciel de visio-conférence. 11 % se déclarent intéressés par les cabines de téléconsultation livrées clé en main. Un choix qui dépendra évidemment du retour sur investissement attendu, du nombre de patients potentiellement intéressés et des offres éventuellement référencées par les groupements.

Un cadre règlementaire complexe

Parmi les pharmaciens interrogés, 57 % n’ont pas encore pris de décision quant au développement de ce nouveau service et 20 % ont d’ores et déjà décidé de ne pas le proposer. Principales raisons invoquées : une organisation trop lourde, l’importance des investissements requis (équipements, coût de l’abonnement, temps passé par les membres de l’équipe…) et la faiblesse des rémunérations versées par l’Assurance maladie. Les mêmes freins somme toute que pour les entretiens pharmaceutiques et les bilans de médication, et qui montrent bien la difficulté pour certains pharmaciens à intégrer les services dans leur activité quotidienne. D’autant que pour les téléconsultations remboursables, celles-ci doivent s’inscrire, soit dans le cadre plutôt complexe du parcours de soins, soit dans celui des organisations territoriales coordonnées (CPTS, MSP ou ESP). Ces conditions restrictives risquent de décourager les pharmaciens volontaires… ou de les inciter à promouvoir les téléconsultations non remboursables. Ce qui confirmerait le risque d’un accès aux soins et d’un marché à deux vitesses.

Pour aller plus loin, découvrez notre étude Télémédecine et Télésoin : l’heure du passage à l’échelle


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