LE TRANSPORT EN PREMIÈRE LIGNE EN CAS DE BREXIT

LE TRANSPORT EN PREMIÈRE LIGNE EN CAS DE BREXIT

Peu préparées, les entreprises françaises vont devoir faire face à d’importantes turbulences si le Royaume-Uni sort de l’Union Européenne sans accord.

Les entreprises françaises sont peu préparées à une sortie désordonnée du Royaume-Uni

Après le vote des parlementaires britanniques contre l’accord négocié avec l’UE et alors que Theresa May exclut un report du Brexit et/ou un nouveau référendum, l’option d’une sortie sans accord au 29 mars (Hard Brexit) apparaît de plus en plus probable. Un scénario catastrophe auquel de nombreuses entreprises ne sont pas préparées. Le président du Medef a d’ailleurs alerté après le vote du Parlement britannique sur le manque d’anticipation des entreprises françaises. Il déclarait notamment sur LCI : « la réalité, c’est qu’elles ne sont pas prêtes, parce qu’on ne peut pas être prêt à un changement de paradigme aussi violent. […] Les grandes entreprises ont commencé à faire des plans Brexit, mais la réalité, c’est que si ça se produit le 29 mars, ça sera un chaos pendant plusieurs semaines ». Il rappelait, par ailleurs, que 30 000 entreprises françaises exportent au Royaume-Uni et 3 000 y sont présentes.

Quid du transport ?​

Le transport, de passagers comme de marchandises, serait logiquement l’un des premiers secteurs touchés par un Hard Brexit. La règle est simple : le 29 mars, la frontière sera rétablie entre le Royaume-Uni et l’UE et, sans accord, les entreprises européennes n’auront plus accès au marché britannique (et vice-versa), que ce soit pour une prestation de transport entre deux pays ou pour le cabotage. Seules exceptions, le transport de marchandises en véhicules légers (moins de 3,5 tonnes) et le transport aérien de passagers. Dans le premier cas, l’accès au marché demeurera car le Royaume-Uni et la France sont membres du groupe de la Conférence européenne des ministres des Transports, au sein de laquelle ces services sont libres. Dans le second cas, la Commission européenne a adopté des mesures transitoires pour garantir la connectivité entre le continent et le Royaume-Uni. Les escales et les départs depuis un pays de l’UE ne seront, en revanche, plus autorisés pour les compagnies britanniques. Par ailleurs, les compagnies devront respecter les plans de vols définis en 2018. Impossible donc d’augmenter le nombre de liaisons.

Des kilomètres de bouchons et un surcoût de 5 % pour les marchandises

Reconnaissance mutuelle des certificats professionnels et des documents de transport, règles applicables pour le poids et la dimension des véhicules, pour le temps de travail, statut des salariés employés par des entreprises britanniques, paiement des amendes, etc. : de nombreuses questions, qui semblent parfois relever du détail, restent en suspens. La validité des licences des conducteurs de l’Eurostar serait elle-même en question ! Même si le gouvernement français s’est engagé à recruter en urgence 600 personnes, le passage de la douane en cas de sortie sans accord devrait donc rapidement se transformer en casse-tête. Or, pour rappel, ce sont 4,4 millions de véhicules qui transitent chaque année entre le Royaume-Uni et l’UE, dont 4 millions passent par le port de Douvres. Environ 69 Mds€ de marchandises transitent par le Tunnel sous la Manche, aller et retour, selon EY. Le transport maritime ne devrait pas non plus être épargné et alerte sur un engorgement des espaces portuaires.

Des inquiétudes partagées par les pouvoirs publics, au niveau national comme au niveau européen. Selon Karima Delli, Présidente de la commission Transports du Parlement européen, la fin de l’union douanière et le rétablissement des contrôles sanitaires vont se traduire par un allongement des délais d’embarquement, un engorgement des terminaux et des kilomètres de files d’attente pour les poids lourds et, in fine, par un surcoût de 5 % des importations et des exportations entre les deux zones.


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