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À l’occasion de la semaine mondiale de la vaccination, Santé publique France a livré un panorama sans concession : des avancées documentées, des seuils manqués, une feuille de route révisée pour 2026.
Nourrissons : bons résultats globaux, vigilance sur le ROR
L’exigibilité vaccinale pour entrer en collectivité produit ses effets : plus de 95 % des enfants de 24 mois sont couverts contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, les infections à Haemophilus influenzae b, l’hépatite B et les pneumocoques. La vaccination contre les méningocoques invasives ACWY, obligatoire depuis 2025, affiche un démarrage solide : 88,2 % des nourrissons ont reçu une première dose ACWY à 8 mois, 96,8 % une dose contre le méningocoque B. Mais la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) vient rappeler les limites du système. La première dose du vaccin atteint 95,5 % à 24 mois, en hausse de 4,6 points depuis 2018. La deuxième dose, elle, plafonne à 92,7 %, en dessous du seuil de 95 % requis pour l’éradication de la maladie, a alerté Santé publique France. Depuis 2024, le virus circule à nouveau en France, et les nouveaux-nés, les patients sous traitement anti-cancéreux et les greffés restent les premiers exposés.
HPV et méningocoques : l’adolescent encore sous-protégé
Concernant le papillomavirus humain (HPV), les chiffres progressent. En 2025, 61,6 % des filles de 15 ans avaient reçu une première dose, contre 58,4 % en 2024. Chez les garçons : 46,0 %, contre 36,9 % l’année précédente. Les campagnes en milieu scolaire semblent faire la différence et l’objectif de 80 % à l’horizon 2030 demeure atteignable. Concernant les méningocoques, le constat est bien moins rassurant : seuls 17,1 % des 11-14 ans et 7,9 % des 15-24 ans sont vaccinés contre les souches ACWY. L’intégration de cette vaccination dans les campagnes au collège dès 2026 devrait apporter une réponse pertinente pour ces jeunes et plus globalement pour l’ensemble de la population, à condition d’atteindre une couverture vaccinale suffisante.
Adhésion vaccinale : un niveau solide, des inégalités à réduire
Plus de 80 % des Français de 18 à 79 ans se déclarent favorables à la vaccination, selon le Baromètre 2024 de Santé publique France, contre 84 % en 2021. L’adhésion est plus forte chez les jeunes, les seniors et les catégories socio-économiques favorisées. Les populations précaires restent les plus exposées aux lacunes de couverture. Parmi les réticents, les défiances se concentrent sur le vaccin Covid-19 (25 %), loin devant celui contre la grippe (7 %).
« Il est important de poursuivre les actions d’information et de promotion de la vaccination auprès de tous, dans une optique de protection collective », a déclaré Santé publique France.
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