Se rendre au contenu

VACCINATION : DES AVANCÉES RÉELLES, UNE MOBILISATION À RENFORCER

Si la couverture vaccinale s’est nettement améliorée chez les nourrissons depuis 2018, la France peine encore à protéger efficacement ses adolescents et adultes. Dans son dernier rapport, la Cour des comptes presse les pouvoirs publics de corriger le tir, particulièrement contre la grippe et les infections à papillomavirus.
9 septembre 2026 par
VACCINATION : DES AVANCÉES RÉELLES, UNE MOBILISATION À RENFORCER
Hélène SAGNES

Crédit photo: nazariykarkhut - stock.adobe.com

L’élargissement des obligations d’immunisation chez les jeunes enfants porte incontestablement ses fruits. Les magistrats financiers constatent une amélioration nette de la couverture contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, l’hépatite B et les infections à pneumocoque. Plus largement, la Cour estime que l’extension de l’obligation vaccinale a contribué à faire presque disparaître la plupart des maladies concernées. Le rapport souligne aussi l’arrivée de stratégies plus récentes, comme la vaccination des femmes enceintes et l’immunisation des nourrissons contre la bronchiolite, associées à une baisse des passages aux urgences et des hospitalisations. Ces avancées chez les nourrissons ne doivent pas faire oublier certaines fragilités sanitaires. La protection contre la rougeole, par exemple, demeure trop juste pour prévenir totalement un éventuel rebond épidémique au sein de la population.

Le tableau s’assombrit plus nettement concernant les autres tranches d’âge. Du côté des collégiens, la campagne ciblant le papillomavirus stagne autour de 55 % de jeunes vaccinés, bien en deçà du seuil des 80 % espéré. De son côté, la vaccination contre les infections à méningocoques, proposée depuis 2025 dans les collèges aux élèves de 5e, ne pourra faire l’objet d’un premier bilan qu’en 2026. Parallèlement, la protection antigrippale des seniors s’érode d’année en année. Bien que les pharmaciens d’officine réalisent désormais la majorité des injections, cette montée en puissance ne s’est pas traduite par une hausse de la couverture globale, tandis que la prescription par les médecins généralistes a presque disparu. Pour la Cour des comptes, l’enjeu ne réside donc pas seulement dans le transfert de l’acte, mais dans une mobilisation plus large des professionnels pour atteindre les objectifs.

Pour redresser la barre, le rapport pointe l’urgence de mieux coordonner les acteurs et de lutter contre les fractures sociales, les enfants issus de milieux défavorisés restant encore trop éloignés de ces parcours de soins. Les auteurs suggèrent d’interconnecter l’ensemble des bases de données d’ici 2028 afin de fiabiliser le suivi individuel, mais aussi d’intégrer pleinement cet enjeu à la médecine scolaire. La réussite de ce chantier dépendra désormais des arbitrages qui seront actés lors des prochains débats sur le financement de la Sécurité sociale.

Copyright: Les Echos Publishing

Pour aller plus loin, découvrez notre étude "L'observatoire des groupements et enseignes de pharmacies". 

VACCINATION : DES AVANCÉES RÉELLES, UNE MOBILISATION À RENFORCER
Hélène SAGNES 9 septembre 2026
Partager cet article
Étiquettes
Archiver