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La conjoncture se dégrade nettement dans les travaux publics. Après une année 2025 relativement stable, l’activité du secteur s’est brutalement retournée au premier trimestre 2026, selon la dernière note de conjoncture de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP). Sur les trois premiers mois de l’année, le volume de travaux réalisés a reculé de 6 % par rapport à la même période de 2025.
Les intempéries du début d’année ont pesé sur l’avancement des chantiers. Mais le ralentissement ne s’explique pas seulement par des facteurs climatiques. Les entreprises du secteur ont subi un double choc : l’attentisme traditionnel lié à l’approche des élections municipales, qui freine les décisions d’investissement des collectivités locales, et les tensions provoquées par la guerre au Moyen-Orient, avec des répercussions sur les coûts de l’énergie et de certaines matières premières.
Coup de frein à l’investissement
Le signal est encore plus préoccupant du côté des prises de commandes. Le volume de marchés conclus s’est fortement contracté, avec une baisse de 17,2 % sur trois mois en glissement annuel et de 26 % sur un an. À l’approche du scrutin municipal, la commande publique locale a marqué le pas : le nombre d’appels d’offres publics remis au cours du trimestre a chuté de 23 %. Pour les entreprises de travaux publics, très dépendantes des investissements des collectivités, ce recul alimente l’incertitude sur les prochains mois.
Le marché de l’emploi commence à en porter la trace. Les effectifs ouvriers ont reculé de 2,2 % au premier trimestre 2026 par rapport au même trimestre de l’année précédente. Parallèlement, les difficultés de recrutement s’atténuent : en avril 2026, 21 % des entreprises déclarent encore être confrontées à un manque de personnel, une proportion en nette baisse et désormais proche de sa moyenne de long terme.
Pour la FNTP, le redémarrage de la commande publique locale apparaît désormais comme une condition indispensable pour remettre le secteur sur le chemin de la reprise. Dans un environnement économique encore instable, l’activité des prochains mois dépendra largement de la capacité des collectivités à relancer leurs investissements après la séquence électorale.
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