TRANSACTIONS ET VALORISATION DES PHARMACIES : UN TRES BON CRU 2021, SELON INTERFIMO
Après les bons résultats de 2020, le réseau a poursuivi sur sa lancée et confirmé, l'année dernière, la belle dynamique du marché des transactions.
20 avril, 2022 par
TRANSACTIONS ET VALORISATION DES PHARMACIES : UN TRES BON CRU 2021, SELON INTERFIMO
LES ECHOS ETUDES


L’année 2020 avait déjà été exceptionnelle, 2021 a fait encore mieux ! Croissance du chiffre d’affaires et des marges, augmentation des rémunérations des titulaires et hausse des mutations : tous les indicateurs sont au vert, contribuant ainsi à renforcer l’attractivité de l’officine, dont les performances ont été soutenues, comme l’année précédente, par l’épidémie de Covid-19.

Selon les statistiques annuelles publiées la semaine dernière par Interfimo, le chiffre d’affaires réalisé par le réseau officinal a augmenté de 6,5 %, soit le plus haut niveau atteint depuis les années 2000 et 2001. Comme en 2020, l’activité a été portée par la vaccination, la réalisation des tests antigéniques et la vente de produits destinés à limiter la propagation de la maladie (gels et masques). Elle a aussi été dynamisée par la forte croissance des médicaments onéreux et, fait nouveau, par la reprise de l’automédication (TVA à 10 %) au second semestre de l’année. La progression du chiffre d’affaires se traduit par une amélioration significative du taux de marge brute globale, à 32,2 %, niveau historiquement haut depuis 2000. Quant à l’EBE, il progresse également à 13,2 %, grâce à une évolution des charges moins rapide que celle de l’activité. Une situation qui s’explique en grande partie par la maîtrise des frais de personnel, liée aux difficultés croissantes de recrutement que connaissent de nombreuses pharmacies. Quant à la rémunération des titulaires (pour ceux qui exercent en SEL, hors charges des TNS), son niveau médian s’est élevé à 60 K€. Interfimo pointe une baisse importante de la part des rémunérations de moins de 40 K€ (16 % des titulaires en 2021) alors que celle allant de 40 à 70 K€ progresse fortement (46 % des titulaires).

Les départs à la retraite continuent de dynamiser le marché des transactions
Le vieillissement tendanciel de la population officinale continue de soutenir le marché des mutations, les départs à la retraite constituant le principal motif des transactions, en particulier dans les « grosses » pharmacies où les cessions de parts entre associés sont de plus en plus nombreuses. Si l’âge de leur départ à la retraire reste stable, à 65 ans, les titulaires sont de plus en plus nombreux à arrêter leur exercice : Interfimo a comptabilisé 1 764 opérations de départs en 2021, soit 100 de plus qu’en 2020 (+ 6,4 %). Le nombre de mutations a donc sensiblement progressé entre 2020 et 2021, passant de 1 503 à 1 600. Elles concernent, à 42 %, des cessions de titres, à savoir des opérations d’achats en nom propre ou via des SPFPL, ou des opérations de réduction de capital en vue de la sortie d’un associé.

Exprimé en multiple de l’EBE, le prix moyen de cession des pharmacies demeure stable, à 6,3 (contre 6,2 en 2019 et 6,1 en 2018). Comme les années précédentes, cette moyenne masque de fortes disparités selon la taille des officines : celles réalisant un CA annuel de plus de 2,4 M€ se vendent avec un multiple de 7,2 (+ 6 % par rapport à 2020) contre moins de 5,5 pour celles dont le CA annuel est inférieur à 1,2 M€. La taille de la pharmacie demeure donc un critère déterminant de sa valorisation : Interfimo confirme ainsi la baisse tendancielle de valeur des petites officines. Leur acquisition concerne de plus en plus une première installation ou une opération de regroupement. Selon Interfimo, « lorsqu’il s’agit d’une acquisition de licence avec restitution, les prix sont particulièrement faibles. » À l’inverse, les grandes pharmacies voient leur prix de vente continuer à augmenter, en particulier celles installées dans les centres commerciaux, dont les prix d’acquisition représentent, en moyenne, 7,7 fois leur EBE. Les niveaux de valorisation restent stables pour les pharmacies de quartier et de centre-ville, mais tendent en revanche à s’éroder pour les officines rurales (5,8 fois l’EBE en 2021 contre 6 fois en 2020).

Selon Interfimo, cette bonne dynamique devrait se poursuivre dans les années à venir, grâce à la solidité des fondamentaux du réseau et la vague attendue des départs à la retraite des titulaires.

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TRANSACTIONS ET VALORISATION DES PHARMACIES : UN TRES BON CRU 2021, SELON INTERFIMO
LES ECHOS ETUDES 20 avril, 2022
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