SPORT CONNECTE : KIPLIN LEVE 3,7 M€
Financée par Mutuelle Impact et la Banque des Territoires, cette levée de fonds va permettre à la start-up nantaise de développer son appli mobile de jeux sportifs destinée aux patients chroniques et aux entreprises.
8 décembre, 2021 par
SPORT CONNECTE : KIPLIN LEVE 3,7 M€
LES ECHOS ETUDES


Lutter contre les effets néfastes de la sédentarité, faciliter la prescription d’une activité sportive ou favoriser la cohésion entre collaborateurs, tels sont les objectifs de Kiplin, créé par Vincent Tharreau en 2014. Basée à Nantes et à Paris, dans les locaux de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, cette jeune société s’est lancée sur le marché prometteur des jeux de santé et du sport connecté. Elle a développé une application mobile, qui dispose du statut de dispositif médical depuis octobre dernier. Celle-ci permet d’accéder à plusieurs jeux sportifs (Le Challenge, L’aventure, La mission et Le jeu de plateau) dont le but commun est d’inciter les participants à accroître leur activité physique. Grâce à cette levée de fonds, Kiplin va pouvoir franchir une nouvelle étape dans le développement de son appli. Prochain objectif : préparer la demande de remboursement par l’Assurance maladie de sa solution connectée, lorsqu’elle utilisée dans un cadre médical. Pour ce faire, elle a besoin d’apporter à la HAS et au CEPS des preuves attestant de l’efficacité de sa solution, apportées par des essais cliniques et des études en vie réelle. 

Deux profils d’utilisateurs

L’enjeu est de taille : il s’agit de démontrer que l’activité physique à distance, lorsqu’elle s’inscrit dans un cadre ludique et personnalisé, participe efficacement à la prise en charge des maladies chroniques. Kiplin cible particulièrement les patients atteints d’un cancer, souffrant d’obésité ou de diabète de type 2. Son appli est déjà recommandée dans plusieurs établissements de santé, comme l’Institut Curie et certains centres de lutte contre le cancer (Léon Bérard à Lyon et l’Institut de Cancérologie de l’Ouest). Les séances d’activité physique, qui peuvent se faire en visioconférence, s’adaptent à l’état de santé des patients. L’appli donne par ailleurs accès à un quiz santé, à des tests d’évaluation de sa condition physique et à des bilans d’activité. 

Autre cible prioritaire : celle des entreprises qui souhaitent inciter leurs salariés à faire du sport. Sur cette cible, la dimension « serious game » est mise en avant, les défis sportifs pouvant être utilisés pour favoriser la cohésion des équipes. Plus d’une centaine de groupes ont d’ores et déjà utilisé l’appli, tels que Google, Hermès, Playmobil, Roland Berger, Heineken, le groupe BPCE… Une cible intéressante car la lutte contre la sédentarité revêt un enjeu majeur. En 2014, une étude de l’Université de Stockholm a montré que faire du sport pendant sa journée de travail présente des avantages, à la fois pour l’employé (il est plus en forme et plus concentré) et l’employeur (baisse en moyenne de 22 % de l’absentéisme). 

Carte d’identité

Activité 
éditeur de jeux numériques favorisant l’activité physique au service de la santé
Statut 
ESUS (entreprise solidaire d’utilité sociale)  
Solution 
appli mobile Kiplin (revendique 100 000 utilisateurs)
Effectif
45 collaborateurs
Levée de fonds
3,7 M€ dont 1,2 M€ sous forme d’augmentation de capital 
Partenaires financiers
 XAnge (fonds d’investissement early-stage avec 500 M€ sous gestion) et La Banque des Territoires, créée en 2018 par la Caisse des Dépôts

Site web : www.kiplin.com

La sédentarité tue plus que le tabagisme 

La sédentarité est responsable chaque année de plusieurs millions de morts évitables dans le monde. Lutter contre la sédentarité revêt donc un enjeu majeur de santé publique, d’autant que le temps passé en position assise (voiture, transports en commun, bureau, temps de loisirs…) augmente régulièrement depuis plusieurs décennies. Certes, le temps passé à faire du sport tend lui aussi à augmenter, mais cette hausse n’a que peu d’impact sur l’incidence de l’obésité et du surpoids. Des études cliniques démontrent que la prise de poids est directement corrélée au temps passé assis en voiture ou devant la télévision et autres écrans. Selon le Professeur Carré, professeur en physiologie cardiovasculaire au CHU de Rennes et fondateur de l’Observatoire de la Sédentarité, « la sédentarité favorise le développement de facteurs de risque cardiovasculaire comme l’hypertension artérielle, le diabète, le cholestérol trop élevé, l’obésité, avec toutes les complications que cela implique. » Une activité physique de 60 minutes par jour, d’intensité modérée, réduit en partie ces effets. 

Pour aller plus loin, découvrez notre étude sur les thérapies numériques.


SPORT CONNECTE : KIPLIN LEVE 3,7 M€
LES ECHOS ETUDES 8 décembre, 2021
Partager ce poste
Étiquettes
Archiver