L’hiver s’installe, les virus circulent et la demande en médicaments grimpe dans les officines. Pourtant, contrairement aux années précédentes, la situation semble maîtrisée : « la couverture des besoins des patients est assurée », confirme l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) après avoir réuni, le 11 décembre, l’ensemble des acteurs de la chaîne du médicament. Les stocks des 14 molécules sous surveillance renforcée dans le cadre du plan hivernal pour la saison 2025-2026 – antibiotiques, médicaments contre la fièvre, corticoïdes par voie orale et traitements de l’asthme – restent solides, aussi bien chez les industriels que chez les grossistes et dans les pharmacies. Cette vigilance s’étend également aux dispositifs médicaux critiques, comme les équipements de réanimation et les tests de diagnostic rapide.
Mais si la menace de rupture de stock s’éloigne, un autre défi s’impose : l’usage des antibiotiques. Après 10 ans de recul, leur consommation repart à la hausse depuis 2024, notamment en ville, où les prescriptions d’amoxicilline associée à de l’acide clavulanique atteignent des niveaux inédits depuis le mois de septembre. Cette tendance place la France au second rang européen et fait craindre une accélération de l’antibiorésistance, ce phénomène où des bactéries autrefois sensibles aux médicaments deviennent inattaquables, compliquant la prise en charge des infections. L’ANSM rappelle que les antibiotiques ne sont efficaces que contre les bactéries, et qu’un usage inadapté – prescriptions pour des infections virales, choix de molécules à trop large spectre, durées de traitement excessives – expose à des effets indésirables sans bénéfice pour la santé.
Pour éviter de retomber dans la spirale des pénuries et préserver l’efficacité des traitements, l’engagement collectif reste essentiel. Patients comme professionnels de santé sont appelés à la responsabilité : privilégier les prescriptions ciblées, respecter les recommandations officielles et limiter le recours aux antibiotiques au strict nécessaire. Si l’hiver 2025 s’annonce mieux armé côté stocks, la bataille contre l’antibiorésistance, elle, ne connaît pas de trêve.
Copyright : Les Echos Publishing
Pour aller plus loin, découvrez notre étude "Les nouveaux codes de l'officine".