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L’OBSERVANCE MÉDICAMENTEUSE : UN ENJEU MAJEUR DE SANTÉ PUBLIQUE

D’après la dernière enquête d’OpinionWay sur l’observance thérapeutique, 4 Français sur 10 ont déjà interrompu au moins une fois leur traitement au cours des 12 derniers mois. Tour d’horizon des principaux enseignements de l’étude.
18 février 2026 par
L’OBSERVANCE MÉDICAMENTEUSE : UN ENJEU MAJEUR DE SANTÉ PUBLIQUE
Hélène SAGNES

Crédit photo : Przemek Klos

Traitements contre l’hypertension, le diabète, des troubles hormonaux ou anxieux, un cancer… nombreux sont les patients souffrant de maladies ou de troubles chroniques qui nécessitent la prise quotidienne d’un médicament. Et pourtant, le suivi régulier d’un traitement constitue l’un des principaux défis d’un parcours de soins. Mais où en est-on aujourd’hui en France ? C’est la question qu’a posé MedInTechs à OpinionWay. « Destinée à comprendre et analyser les comportements face à un traitement de longue durée, les outils utilisés pour mieux gérer cette étape de vie, ainsi que les freins pouvant conduire à un suivi irrégulier du traitement », l’enquête sur l’observance médicamenteuse des Français vient de paraître. Menée auprès de patients adultes prenant un traitement pour une durée de plus de 6 mois – dont la grande majorité à vie –, elle offre un aperçu de la situation actuelle dans l’Hexagone.

4 Français sur 10 concernés

Premier enseignement de l’étude : « L’oubli est massif et largement involontaire ». En effet, plus de 4 patients sondés sur 10 (42 %) sous traitement de longue durée ont oublié au moins une fois de prendre leur médicament au cours de l’année, le plus souvent par « simple oubli ». Un risque d’interruption qui apparaît plus élevé au démarrage, comme le souligne OpinionWay qui précise que « les traitements récents sont les plus fragiles (67 % d’interruptions chez ceux traités depuis moins d’un an, contre 38 % au-delà), signe d’une routine qui met du temps à s’ancrer. » En cause ? La « fatigue » de devoir « tenir » un traitement sur du long terme concerne 1 patient sur 2 (51 %). Suivent les doutes sur son utilité réelle malgré les explications de leur médecin et la complexité de la prise du traitement (42 % chacun). Les analystes rapportent : « L’observance est d’abord un sujet de quotidien (pas seulement de discipline) : 40 % estiment que leur traitement « dicte » leur journée, et 39 % se sentent en décalage entre les attentes médicales et ce qu’ils parviennent réellement à tenir. »

Des outils limités face à la mauvaise observance

L’observatoire met en avant le recours fréquent des patients à un soutien pour faciliter la bonne observance. En effet, près de 6 personnes sur 10 bénéficient d’une forme d’assistance pour suivre correctement leur traitement. Si l’aide humaine par leurs médecins (23 %), leurs pharmaciens (11 %) ou encore par un proche (6 %) restent majoritaires, plus rares sont les outils dédiés à la bonne prise médicamenteuse. Les piluliers sont ainsi utilisés par 28 % des répondants, les alarmes et rappels sur leurs téléphones par 12 %, et les applications mobiles par seulement 4 %, « et ce, y compris chez ceux qui reconnaissent des oublis », précisent les analystes.

Une fracture générationnelle

Les moins de 35 ans ont tendance à plus souvent interrompre leur traitement et sont plus nombreux à exprimer une lassitude ou une charge mentale dans la prise médicamenteuse. Un phénomène qui apparaît comme moins récurrent chez les plus de 65 ans.

Quelle solution ?

« Le levier le plus attendu n’est pas technologique mais pratique : pour 67 % des patients qui oublient, une prise plus simple et moins contraignante serait la solution la plus efficace pour alléger la charge et tenir dans la durée », concluent les analystes.

Source : sondage mené par OpinionWay auprès d’un échantillon de 1 023 personnes suivant un traitement médicamenteux d’une durée de plus de 6 mois issu d’un échantillon de 2 500 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, du 9 au 16 janvier 2026. L’échantillon a été interrogé par questionnaire auto-administré en ligne sur système CAWI (Computer Assisted Web Interview).

Copyright : Les Echos Publishing

Pour aller plus loin, découvrez notre étude "Les nouveaux codes de l'officine".

L’OBSERVANCE MÉDICAMENTEUSE : UN ENJEU MAJEUR DE SANTÉ PUBLIQUE
Hélène SAGNES 18 février 2026
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