Crédit photo : stokkete - stock.adobe.com
Sébastien Lecornu a présenté, le vendredi 10 avril dernier, les grandes lignes d’un plan d’électrification visant à réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles. Cette annonce intervient dans un contexte de forte hausse des prix du pétrole, liée à la guerre en Iran et au blocage du détroit d’Ormuz. « Le problème est simple : tant que nous dépendrons du pétrole et du gaz, nous continuerons à payer le prix des guerres des autres. Les crises vont se poursuivre et nous appauvrir », a déclaré le Premier ministre.
Généralisation du chauffage électrique
Le bâtiment constitue l’un des piliers de ce plan. Le gouvernement entend faire du chauffage électrique « la norme », estimant que le recours au gaz et au pétrole dans l’habitat demeure un facteur majeur de dépendance énergétique. Dans une allocution enregistrée dans la cour de Matignon, le Premier ministre a confirmé que « dès la fin de cette année 2026, il ne sera plus possible d’installer des chaudières au gaz dans les constructions neuves ». L’interdiction des chauffages au gaz existe déjà pour les logements individuels mais pas encore pour les bâtiments collectifs ou tertiaires (locaux commerciaux, entrepôts…).
Priorité au logement social
L’électrification sera « spécifiquement accélérée » dans le logement social. Deux millions de logements sociaux devront sortir du gaz d’ici à 2050, alors qu’en 2023, 55 % du parc était encore chauffé grâce à cette énergie fossile. L’ambition affichée est de « protéger d’abord celles et ceux qui sont les plus vulnérables ». Dans cette perspective, cent premiers territoires seront sélectionnés pour s’engager, d’ici à 2030, dans une trajectoire « zéro gaz », avec un accompagnement financier et technique renforcé.
Un million de pompes à chaleur par an d’ici à 2030
Ce changement d’échelle reposera notamment sur l’installation d’un million de pompes à chaleur par an d’ici à 2030. Selon le Premier ministre, ces équipements permettent de « diminuer par deux le coût du chauffage » et présentent l’avantage d’être « fabriqués en France ». À l’horizon 2030, 85 térawattheures de gaz devraient être remplacés par une énergie produite sur le territoire national, soit l’équivalent de 20 % des importations françaises de gaz.
Pour soutenir cette transformation, l’État prévoit de doubler les aides publiques consacrées à l’électrification des usages. Elles passeront de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici à 2030. Le gouvernement assure toutefois que cet effort ne reposera pas sur de nouveaux financements. Il sera financé par une baisse des dépenses énergétiques et par une réorientation des dispositifs d’aide existants vers les solutions électriques.
Copyright : Les Echos Publishing
Pour aller plus loin, découvrez notre étude sur "le marché de la rénovation énergétique des logements"