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LE CONFLIT AU MOYEN-ORIENT ENFONCE UN PEU PLUS LE LOGEMENT NEUF DANS LA CRISE

Les réservations de logements neufs ont chuté de 14,3 % au 1er trimestre, selon la Fédération des promoteurs immobiliers. Dans un climat anxiogène, les ménages repoussent leurs projets d’achat, tandis que les ventes en bloc et les lancements de programmes ralentissent fortement.
28 mai 2026 par
LE CONFLIT AU MOYEN-ORIENT ENFONCE UN PEU PLUS LE LOGEMENT NEUF DANS LA CRISE
TIPHANEAUX Sabrina

Crédit photo :  PlanetEarthPictures

Déjà fragilisé par plusieurs années de crises successives, le marché du logement neuf encaisse un nouveau choc avec la guerre au Moyen-Orient. Le conflit ravive les craintes autour des prix de l’énergie, du coût des matériaux de construction et d’un retour des pressions inflationnistes. « À chaque épisode, le marché chute encore plus bas », s’alarme la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) dans sa note de conjoncture publiée le 12 mai.

Le bilan est sévère. Au 1er trimestre, les réservations de logements neufs ont reculé de 14,3 % sur un an, à un peu plus de 19 000 ventes, contre 22 200 un an plus tôt. Un niveau historiquement faible. « Nous sommes face à des chiffres qui nous laissent sans voix », a reconnu Pascal Boulanger, président de la FPI.

Un climat d’anxiété

Le marché des particuliers continue de s’enfoncer. Les ventes reculent de 10,8 %, plombées par l’effondrement des réservations des propriétaires occupants (-18,2 %). Dans un contexte économique et géopolitique anxiogène, de nombreux candidats à l’achat préfèrent différer leur projet.

Seule respiration pour les promoteurs : le retour timide des investisseurs particuliers. Les ventes progressent de 22,8 % sur 3 mois, sans doute soutenues par le nouveau statut du bailleur privé. Mais les volumes restent faibles et ne suffisent pas à enrayer la chute du marché.

Les ventes en bloc à leur tour sous pression

Même les ventes en bloc, longtemps amortisseur de crise pour le secteur, s’effondrent à leur tour (-35 %). Fragilisés par l’érosion de leurs fonds propres, les bailleurs sociaux réduisent fortement leurs acquisitions. Tous les segments sont touchés, en particulier le logement intermédiaire. Seules les ventes destinées aux investisseurs institutionnels progressent encore, mais sur des volumes limités.

Les stocks gonflent

Face à cette demande atone, les promoteurs ralentissent fortement les lancements de programmes. Les mises en vente reculent de 19,2 % au 1er trimestre. Le segment des logements collectifs plonge de 22 %, tandis que l’individuel groupé résiste un peu mieux.

Dans le même temps, les stocks gonflent. L’offre commerciale progresse de 3,8 %, conséquence directe du ralentissement des ventes et du léger redémarrage des lancements commerciaux observé en 2025. Signe des difficultés du marché, 12 % des logements commercialisés sont déjà livrés, un niveau bien supérieur à la moyenne observée ces 10 dernières années.

Un rebond suspendu au contexte géopolitique

Les délais de commercialisation s’envolent eux aussi. Il faut désormais près de 20 mois pour écouler un programme immobilier, soit deux fois plus qu’il y a 4 ans. Dans certaines villes comme Clermont-Ferrand, Orléans ou Grenoble, ils dépassent même 40 mois.

La profession espère malgré tout un début d’amélioration en 2026. La FPI mise notamment sur le projet de loi « Relance Logement » et sur le nouveau statut du bailleur privé pour relancer la machine. Reste une inconnue majeure : la confiance des ménages. « Tous les leviers d’une reprise sont aujourd’hui réunis. Mais aucun ne pourra produire ses effets tant que durera la guerre au Moyen-Orient », prévient Pascal Boulanger.

Copyright : Les Echos Publishing

Pour aller plus loin, découvrez notre étude "Promotion immobilière 2025-2035 : anticiper une décennie de ruptures et de reprise".

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TIPHANEAUX Sabrina 28 mai 2026
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