LE CHOIX DU TRANSPORT COMBINE
15 février, 2016 par
LE CHOIX DU TRANSPORT COMBINE
Les Echos Etudes


Le gouvernement met 30 millions sur la table pour le transport combiné et risque de toucher l'emploi du transport routier de marchandises.

Prévue par la feuille de route 2015 de la Conférence environnementale, un complément à l’aide accordée par l’Etat de 30 M€ sur 3 ans, de 2015 à 2017, a pour ambition d’encourager des services de transport plus durables. L’objectif affiché par le ministère de l’Écologie est de favoriser les modes de transports alternatifs à la route. Les autorités cherchent ainsi à réduire la place du transport routier qui, idéalement, ne devrait plus intervenir qu’en approche terminale. Dans ce nouveau monde, les principaux maillons logistiques seraient laissés aux transports fluvial, maritime et ferroviaire, jugés moins polluants par le ministère. Le transport combiné dans son ensemble contribuerait ainsi efficacement à l’objectif de la politique des transports du gouvernement en offrant des solutions plus sobres en énergie. En effet, le transport routier de marchandises contribue à environ 27 % des émissions du secteur transport, soit 8 % du total des émissions de gaz à effet de serre en France en 2014. Concrètement, une première tranche de soutien à la filière de 10 M€ a été allouée pour 2015 à une trentaine d’opérateurs de transport combiné (15 en ferroviaire, 13 en fluvial et 1 en maritime), pour leur trafic réalisé en 2014. Le recours à ces modes de transport a ainsi permis d’éviter l’émission d’environ 500 000 tonnes de CO2, c’est-à-dire environ 880 000 trajets de poids lourds.

Le gouvernement cherche à aider une filière faible en rejets de CO2 mais qui est également, hélas, faiblement créatrice d’emplois. Et ce, au détriment du transport routier de marchandises qui concentre plus du tiers de l’emploi du secteur des transports et près de 75 % de ses entreprises. De fait, si le transfert combiné est une alternative intéressante aux transports routiers de marchandises, il n’est cependant pas la seule. Le développement du transport routier au Gaz Naturel Véhicule (GNV) serait, par exemple, une alternative technologique permettant le maintien de l’emploi ce qui, dans un climat économique de fort chômage, constituerait une solution plutôt vertueuse.

LE CHOIX DU TRANSPORT COMBINE
Les Echos Etudes 15 février, 2016
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