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LA CRISE S’ÉTERNISE POUR LES ARTISANS DU BÂTIMENT

L’activité des petites entreprises du bâtiment a reculé de 1 % au 3e trimestre. Malgré quelques signes de reprise dans la construction et la rénovation énergétique, la hausse des coûts continue de peser sur les marges et les trésoreries.
2 novembre 2026 par
LA CRISE S’ÉTERNISE POUR LES ARTISANS DU BÂTIMENT
TIPHANEAUX Sabrina

Crédit photo: Getty Images/iStockphoto

La crise n’en finit pas de peser sur l’artisanat du bâtiment. Après un recul de 0,5 % au 2e trimestre, l’activité des petites entreprises du BTP s’est contractée de 1 % sur un an au 3e trimestre 2026, selon les chiffres publiés mardi 27 octobre par la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb). Un nouveau repli qui confirme les difficultés persistantes de la profession.

La morosité touche aussi bien l’entretien-rénovation que la construction neuve, dont l’activité recule de 1 %. Seule éclaircie au tableau : la rénovation énergétique renoue avec la croissance (+1 %), une première depuis le 1er trimestre 2024. Un rebond porté notamment par l’envolée de la demande de travaux de climatisation et de ventilation, sous l’effet des épisodes de canicule.

Quelques signes d’amélioration se dessinent toutefois sur le front de la construction de logements, en particulier dans l’habitat individuel, un marché crucial pour les artisans. À fin août 2026, les autorisations de logements individuels progressaient de 11,8 % sur un an, à 138 700 unités, tandis que les mises en chantier bondissaient de 21,4 %. De quoi nourrir l’espoir d’une reprise, même si ces premiers signaux peinent encore à se traduire en chantiers pour les petites entreprises.

Des marges sous pression

D’autant que les artisans doivent faire face à une nouvelle flambée de leurs coûts depuis le début de la guerre en Iran. Près des trois quarts des entreprises interrogées (73 %) jugent important ou très important l’impact de la hausse des prix du pétrole et des matériaux sur leur activité. Or, dans un marché déjà déprimé, les entreprises peinent à répercuter ces hausses sur leurs clients. Parmi celles confrontées à une augmentation de leurs coûts, 45 % n’ont pas relevé leurs tarifs et 26 % ne l’ont fait que partiellement.

Résultat, les marges continuent de fondre. Au 3e trimestre, 28 % des entreprises déclarent une dégradation de leur rentabilité, contre seulement 5 % une amélioration, soit un solde d’opinion négatif de 23 points. Les tensions se répercutent sur les trésoreries. Près d’une entreprise sur 4 fait état de besoins de financement, pour un montant moyen de 25 000 €. La baisse de l’activité arrive en tête des difficultés invoquées (50 %), devant la hausse du prix des carburants (45 %) et l’allongement des délais de paiement (37 %).

L’emploi continue, lui aussi, de payer le prix de cette crise. Dans les entreprises du bâtiment comptant jusqu’à 10 salariés, les effectifs ont reculé de 2,1 % sur un an, soit quelque 11 500 emplois perdus.

Un ras-le-bol grandissant chez les artisans

Dans ce contexte, le mécontentement grandit au sein de la profession. Lancée début octobre à l’occasion du salon Batimat, la pétition « Laissez-nous travailler ! » de la Capeb avait recueilli 8 600 signatures au 27 octobre. Au-delà de cette mobilisation, les témoignages recueillis par l’organisation professionnelle traduisent un profond épuisement et une inquiétude croissante quant à l’avenir du secteur.

La première revendication des artisans reste pourtant simple : retrouver des clients et des chantiers. Mais dans un contexte de demande atone, ils dénoncent l’instabilité des dispositifs d’aide, l’accumulation des démarches administratives et l’alourdissement des charges. À la hausse du prix des matériaux et des carburants s’ajoute celle des véhicules professionnels et des assurances, qui accentue encore la pression sur des trésoreries déjà fragilisées.

Copyright: Les Echos Publishing

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TIPHANEAUX Sabrina 2 novembre 2026
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