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12 ans après avoir tourné le dos à la cancérologie, GSK signe son grand retour. Le groupe pharmaceutique britannique, longtemps éclipsé par son compatriote AstraZeneca sur le terrain des anticancéreux, s’est emparé de Nuvalent, biotech bostonienne spécialisée dans les thérapies ciblées contre le cancer du poumon.
C’est la plus grosse acquisition du groupe depuis plus d’une décennie, et elle est tout sauf anodine. L’opération lui permet de mettre la main sur deux inhibiteurs de nouvelle génération : le zidesamtinib (ciblant la mutation ROS1, présente dans 1 % à 3 % des cancers du poumon non à petites cellules) et le neladalkib (ciblant ALK, 3 % à 5 %). Un troisième actif moins mature ciblant HER2 complète le pipeline de nouvelles molécules. Les deux candidats phares ont déjà passé avec succès leurs essais cliniques pivotaux et leurs dossiers sont en cours d’examen par les autorités sanitaires américaines, avec des approbations attendues d’ici la fin de l’année 2026. « Les deux produits en tête de file pourraient être lancés cette année s’ils sont approuvés par la FDA* », souligne Luke Miels, directeur général de GSK. Le laboratoire y voit des molécules à fort potentiel thérapeutique, susceptibles de s’imposer comme des références dans leurs indications. Ces deux mutations touchent, en effet, principalement des adultes non-fumeurs de 40 à 50 ans, une population aux besoins thérapeutiques encore peu couverts.
Un périmètre thérapeutique élargi
Au-delà des cancers bronchiques, GSK élargit son périmètre thérapeutique sur plusieurs fronts. En début d’année, le groupe a racheté une biotech californienne spécialisée dans les allergies alimentaires. De plus, fin mai, il a dévoilé des résultats cliniques très attendus dans l’hépatite B chronique : son médicament, le bepirovirsen, a permis une guérison chez 19 % des 1 220 patients traités. Une avancée majeure dans une maladie jusqu’ici incurable, qui affecte 250 millions de personnes dans le monde. En France, GSK a, par ailleurs, récemment annoncé 140 M€ de nouveaux investissements dans le cadre d’un programme de 550 M€ sur 2026-2028, mobilisant ses sites d’Évreux, de Mayenne et de Saint-Amand-les-Eaux. Un signal fort, à l’heure où la souveraineté sanitaire européenne s’impose comme une priorité politique. Pour les professionnels de santé, les prochaines semaines seront décisives : si la FDA valide ces deux traitements dans les délais annoncés, de nouvelles options thérapeutiques ciblées pourraient rapidement enrichir l’arsenal disponible contre le cancer du poumon non à petites cellules.
* Food and Drug Administration, division du département de la santé américaine
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