DES DIFFICULTÉS DE RECRUTEMENT AMPLIFIÉES AVEC LA CRISE
Le secteur de l’hébergement-restauration a perdu 237 000 salariés en un an. L’enjeu de l’attractivité du secteur revient, plus que jamais, sur le devant de la scène.
12 octobre, 2021 par
DES DIFFICULTÉS DE RECRUTEMENT AMPLIFIÉES AVEC LA CRISE
DESCLOS Cécile


Une étude de la Dares, le service statistique du ministère du Travail, publiée en septembre 2021, a analysé les évolutions des effectifs du secteur de l’hébergement-restauration avec la crise. Il en ressort que l’emploi du secteur est tombé à 1,072 million de salariés en février 2021, contre 1,309 million un an plus tôt. En un an, l’hébergement-restauration a perdu 237 000 employés. Et ce repli fait suite à deux années où les effectifs globaux du secteur s’étaient au contraire étoffés en moyenne de 50 000 salariés : +57 000 entre février 2019 et février 2020, +38 000 entre février 2018 et février 2019. Ce solde négatif se compose de 450 000 sorties pour 213 000 entrants. Côté nouvelles recrues, le flux a été divisé par 2 avec 213 000 nouveaux entrants entre février 2020 et février 2021 (contre 402 000 en N-1 et 436 000 en N-2). Le taux d’entrée s’est donc fortement réduit pour tomber à 16 % alors qu’habituellement c’est un tiers de l’effectif de l’hébergement-restauration qui est renouvelé chaque année. Côté sorties, les départs se sont amplifiés. 450 000 salariés ont quitté le secteur sur la période analysée, contre 379 000 un an plus tôt (et 354 000 deux ans auparavant).
En conséquence, en juin, avec la levée des restrictions sanitaires et le redémarrage de l’activité, le secteur s’est retrouvé sous tension, confronté à des besoins en main-d’œuvre, certes déjà récurrents, mais exacerbés avec la crise sanitaire. La Dares indique que 3 salariés sur 10 travaillent dans des entreprises qui signalent un manque de personnel.
Vers une revalorisation et davantage d’attractivité du secteur
Or, le secteur fait également face à un manque d’attractivité qui n’est pas nouveau et qui contribue à ces difficultés. À ce titre, la ministre du Travail, Élisabeth Borne, avait réuni mi-septembre les représentants de l’hôtellerie-restauration pour que ceux-ci travaillent à davantage d’attractivité, notamment sur la revalorisation des salaires. Dans ce contexte, des pistes à étudier ont été évoquées dans les colonnes du Parisien le 5 octobre dernier par le Président de la branche des saisonniers de l’Umih, comme une augmentation des salaires entre 6 % et 9 %, le versement d’un treizième mois, la mise en place d’un intéressement ou d’une participation. Par ailleurs, le même jour, un amendement au projet de loi de Finances pour 2022 a été adopté concernant la défiscalisation temporaire et plafonnée des pourboires pour les salariés des HCR. Celle-ci s’appliquerait à la seule année 2022 et dans la limite de 20 % de la rémunération brute du salarié.

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DESCLOS Cécile 12 octobre, 2021
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