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L’affaire fait grand bruit jusqu’au plus haut sommet de l’État. Le groupe Atlantic, fleuron de l’industrie française, a annoncé lundi 22 décembre être en passe d’être racheté par le groupe nippo-américain Paloma Rheem. Le fabricant vendéen de chaudières et de pompes à chaleur a signé un accord prévoyant une prise de participation majoritaire à son capital par cet industriel spécialisé dans la fabrication et la commercialisation d’équipements de climatisation, de production d’eau chaude et de chauffage. Basée à Tokyo, Paloma Rheem est une société issue du rapprochement des japonais Paloma et Fujitsu General avec l’américain Rheem. Un univers familier pour Atlantic, qui distribue depuis plus de 30 ans les produits de Fujitsu General en France et au Benelux.
L’État français, de son côté, a d’ores et déjà fait savoir qu’il suivait le dossier « de très près ». L’opération devra être soumise au contrôle des investissements étrangers en France, a précisé Bercy. Une première phase de la procédure permettra de déterminer si le dossier est éligible au contrôle, notamment au regard de l’activité de fourniture d’énergie, considérée comme stratégique. « Si on a un investisseur étranger qui vient pour développer Atlantic, préserver l’empreinte industrielle, en faire ce qu’il est déjà, mais en mieux, un des leaders mondiaux de la transition énergétique, j’allais dire ‘welcome’, bienvenue. Si c’est pour désosser, couper, casser et j’allais dire prendre l’argent et se tirer, c’est non », a prévenu mardi 24 décembre sur BFMTV le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, assurant rester « vigilant ».
Plus de 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires
Cette annonce marque toutefois un tournant pour Atlantic. Elle met fin à une longue bataille capitalistique entre les familles des deux cofondateurs, qui détenaient chacune 49,9 % du capital et s’opposaient depuis plus de 2 ans sur l’avenir du groupe.
Basé à La Roche-sur-Yon, Atlantic emploie 12 000 collaborateurs et exploite 31 sites industriels dans le monde. Propriétaire notamment des marques Atlantic, Thermor et Sauter, le groupe réalise 2,8 Md€ de chiffre d’affaires. « Cette opération nous donne les moyens de renforcer durablement notre compétitivité », a déclaré Damien Carroz, président du directoire d’Atlantic, soulignant « un contexte de concurrence internationale accrue », notamment sous la pression croissante des acteurs chinois. En unissant leurs forces, Paloma Rheem et Atlantic formeraient un poids lourd de plus de 10 Md€ de chiffre d’affaires. Le nouvel ensemble bénéficierait surtout d’une forte complémentarité géographique, avec une empreinte industrielle solide en Amérique du Nord, en Europe et en Asie.
L’opération, dont le montant n’a pas été dévoilé, reste soumise à l’obtention des autorisations réglementaires. Elle pourrait se finaliser mi-2026. Une partie des actionnaires familiaux historiques devrait rester au capital.
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