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ASCENSEURS : LE NEUF DÉCROCHE, LA RÉNOVATION PREND LE RELAIS

Entre chute du neuf et progression de la rénovation, la filière des ascenseurs évolue à deux vitesses. Face au vieillissement des installations et à des enjeux croissants d’accessibilité, la profession appelle à accélérer la modernisation du parc.
9 avril 2026 par
ASCENSEURS : LE NEUF DÉCROCHE, LA RÉNOVATION PREND LE RELAIS
TIPHANEAUX Sabrina

Crédit photo :  Tomasz Zajda

La filière des ascenseurs a réalisé un chiffre d’affaires de 2,83 Md€ en 2025, en hausse de 1,1 % sur un an, selon le bilan publié vendredi 3 avril par la fédération du secteur. Une progression limitée qui reflète en réalité deux dynamiques opposées. Le marché du neuf décroche nettement. Les ventes ont chuté de 9 % en 2025, avec 10 100 unités installées, leur plus bas niveau depuis 10 ans. En cause, le ralentissement marqué de la construction de logements neufs en France, qui pèse directement sur la demande.

À l’inverse, la rénovation poursuit sa montée en puissance. Le segment progresse de 8,5 % pour atteindre 255 M€, soutenu par le vieillissement du parc. Sur les 661 000 ascenseurs en service, 40 % ont plus de 25 ans et un quart dépasse les 40 ans. Une vétusté qui se traduit concrètement par des pannes plus fréquentes, des coûts de maintenance en hausse et des interruptions de service.

Un enjeu aussi social

Au-delà de ces évolutions de marché, l’ascenseur s’impose comme un enjeu de société. Selon le baromètre Ipsos 2026, 72 % des Français l’utilisent régulièrement. L’équipement ne relève donc pas du simple confort : il structure la mobilité quotidienne des résidents et conditionne l’accessibilité des logements, en particulier pour les publics les plus fragiles. Dans un contexte de vieillissement de la population et de densification urbaine, la fiabilité des installations devient déterminante pour le maintien à domicile des personnes âgées, l’autonomie des personnes à mobilité réduite et, plus largement, l’accès au logement.

Faire émerger le sujet dans le débat public

Cette urgence est largement partagée par les Français. Selon le même baromètre, 94 % d’entre eux jugent prioritaire le remplacement des ascenseurs vétustes dans le cadre de la rénovation des bâtiments, tandis que 80 % se déclarent favorables à la mise en place d’une provision annuelle obligatoire pour financer leur modernisation. Pour Florence Bigé, présidente de la Fédération des ascenseurs, ces résultats constituent un signal clair adressé aux pouvoirs publics et aux propriétaires.

La filière voit ainsi dans le calendrier politique une fenêtre d’opportunité. Entre les récentes élections municipales et les échéances nationales à venir, elle entend inscrire pleinement la question des ascenseurs dans le débat public. L’équipement se situe en effet à la croisée de plusieurs politiques structurantes : logement, autonomie, transition écologique et aménagement du territoire.

Une feuille de route pour accélérer la transformation

Pour répondre à ces enjeux, la Fédération a défini une feuille de route pour 2026, articulée autour de plusieurs priorités : accélérer la modernisation du parc, notamment en levant les freins financiers en copropriété, renforcer la sécurité et la fiabilité des équipements en anticipant les évolutions réglementaires et en intégrant de nouvelles technologies comme la maintenance prédictive ou l’intelligence artificielle, accompagner la transition écologique, les ascenseurs modernisés permettant jusqu’à 70 % d’économies d’énergie, et enfin, répondre aux besoins en compétences d’un secteur qui recrute près de 1 000 techniciens par an.

Copyright : Les Echos Publishing

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TIPHANEAUX Sabrina 9 avril 2026
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