Crédit photo : Ludocare
La reconnaissance de la thérapie numérique Joe pour l’asthme pédiatrique, ciblant les enfants de 7 à 11 ans, constitue une étape décisive. Après un premier refus en 2025, de nouvelles données issues de l’étude Asthmajoecare ont permis de démontrer une réduction de 42 % des exacerbations sévères de l’asthme persistant sur 12 mois au sein de cette population, par rapport au traitement standard seul. Ce revirement, soulignant la capacité de la Haute Autorité de Santé (HAS) à s’adapter aux nouvelles preuves scientifiques, valide une approche jusqu’alors marginale en France. « Ce dossier illustre qu’un premier avis défavorable concernant une prise en charge anticipée ne met pas fin aux possibilités pour l’industriel d’obtenir ultérieurement un remboursement », explique la HAS, marquant une ouverture pragmatique face à l’innovation.
Malgré l’enthousiasme, la prudence reste de mise. Si l’avis de la HAS est favorable, le remboursement par l’Assurance maladie sera effectif sous réserve de l’aval du ministère de la Santé et d’une négociation du prix avec le Comité Économique des Produits de Santé (CEPS). Par ailleurs, la Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé (CNEDiMTS), rattachée à la HAS, conditionne l’inscription de Joe sur la liste des produits et prestations remboursables (LPPR) à la réalisation d’une étude post-inscription. Ludocare, la société qui développe le petit compagnon Joe, devra ainsi collecter des données d’efficacité à long terme en vie réelle, notamment le nombre moyen d’exacerbations et l’observance des patients. De plus, la prescription de Joe est limitée à 12 mois cumulés, une fois les bonnes techniques d’inhalation et l’observance acquises de manière pérenne. Cette approche graduelle, loin d’être un frein, vise à garantir une évaluation rigoureuse de l’impact réel de la thérapie.
Une nouvelle ère pour les thérapies numériques
L’arrivée de Joe sur le marché français n’est pas qu’une simple avancée thérapeutique ; elle représente un signal fort pour l’ensemble de l’écosystème de la e-santé. « On est fiers d’ouvrir la voie aux thérapies numériques françaises », se félicite Alexandra Delafontaine, cofondatrice de Ludocare, espérant que cela « va structurer le marché et attiser l’intérêt des investisseurs ». Ce succès pourrait encourager d’autres start-up à persévérer dans le développement de solutions numériques, à condition de pouvoir démontrer, chiffres à l’appui, une réelle plus-value clinique.
L’entrée en scène du robot Joe ouvre la voie à une nouvelle ère pour les thérapies numériques. C’est une première qui pose la question de la généralisation de ces outils et de leur impact sur la prise en charge des patients.
Copyright : Les Echos Publishing
Pour aller plus loin, découvrez notre étude "L'avenir de la visite médicale".