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TÉLÉCONSULTATIONS : UNE RÉPONSE AUX DESERTS MÉDICAUX ?

« Les jeunes, les diplômés et les habitants des grandes villes recourent davantage aux téléconsultations. » C’est la conclusion de la dernière étude de la Drees et de l’Insee sur l’adoption des actes médicaux à distance. Décryptage.
25 février 2026 par
TÉLÉCONSULTATIONS : UNE RÉPONSE AUX DESERTS MÉDICAUX ?
Hélène SAGNES

Crédit photo : nenetus 

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) et l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) ont récemment publié une étude sur le recours à la téléconsultation dans l’Hexagone. Basée sur les données de l’enquête sur les technologies de l’information et de la communication (TIC) et sur le Baromètre d’opinion de la Drees, elle permet d’apporter un éclairage sur les habitudes des Français.

En 2024, 15 % des personnes majeures déclarent avoir fait appel au moins une fois à la téléconsultation au cours des 12 derniers mois. Pour autant, ces actes médicaux à distance plafonnent à un seuil relativement bas. Ainsi, en 2023, ils ne représentaient que 2,2 % des consultations de médecins généralistes libéraux. Parmi les principaux motifs évoqués par les télépatients, les délais d’attente trop longs pour un rendez-vous en cabinet arrivent en tête pour 43 % des répondants, suivis par le besoin d’une consultation en urgence pour 33 % d’entre eux. La nécessité de renouveler une ordonnance ou d’obtenir un certificat médical complète le trio de tête, avec 20 %.

Si les téléconsultations ont initialement été pensées pour éviter les contaminations en salles d’attente pendant le Covid-19, ce format a ensuite été maintenu pour les personnes habitant dans des zones marquées par des difficultés d’accès aux soins. Et finalement cette modalité semble profiter à de tout autres profils. En effet, « les jeunes, les diplômés du supérieur ainsi que les personnes ayant un niveau de vie élevé et celles en bonne santé ont davantage recours à la téléconsultation », précisent les auteurs du rapport.

La télémédecine et ses enjeux

L’intérêt de consulter à distance fait consensus auprès des personnes interrogées : 85 % des téléconsultants et 71 % des personnes ayant consulté en cabinet ou n’ayant pas consulté au cours de l’année passée perçoivent ce format comme un moyen de lutter contre les déserts médicaux. « C’est aussi le cas des personnes habitant dans le rural périurbain ou dans des communes moyennement ou densément peuplées : 75 % des personnes y résidant s’estiment d’accord avec cette opinion contre 60 % des résidents du rural non périurbain », précisent les analystes. Si elle semble plébiscitée pour son intérêt organisationnel, la téléconsultation médicale pâtit néanmoins d’un risque : celui de déshumaniser la relation médecin-patient. Un frein évoqué par une majorité de sondés et qui semble encore plus marqué chez les personnes n’ayant pas téléconsulté (85 %) et chez les Français de plus de 60 ans (88 %).

Face à une utilisation encore modeste de cette approche dans le pays et aux persistantes problématiques d’accès aux soins, le gouvernement a récemment annoncé un assouplissement à venir de ses règles. Ces mesures visent à stimuler la pratique de la médecine à distance, notamment via des dérogations permettant le dépassement du seuil de 20 % des actes médicaux à distance pour certains praticiens. Elles encouragent également le développement des téléconsultations assistées, notamment en pharmacie ou en Ehpad. Ces évolutions tracent la feuille de route d’une intégration plus poussée de la télémédecine d’ici 2026-2028, tout en soulevant les enjeux cruciaux d’un équilibre entre accessibilité et qualité des soins.

Copyright : Les Echos Publishing

Pour aller plus loin, découvrez notre étude "L'avenir du marché de la télémédecine".

TÉLÉCONSULTATIONS : UNE RÉPONSE AUX DESERTS MÉDICAUX ?
Hélène SAGNES 25 février 2026
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