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Un réseau officinal en repli continu
Comme chaque année, l’Ordre national des pharmaciens livre son panorama de la démographie pharmaceutique. Le réseau officinal français poursuit sa concentration : en 10 ans, il a perdu 2 237 pharmacies pour en dénombrer désormais 19 381, soit un recul de 10,1 %. Dans le même temps, le nombre de pharmaciens titulaires d’officine a, lui aussi, diminué de 11,6 %, pour s’établir à 23 947 en 2025. Pas un seul département de France métropolitaine n’échappe à cette dynamique. Seules la Guyane et Mayotte enregistrent une hausse.
Des territoires durement touchés
Certaines zones sont particulièrement affectées, avec des départements ayant perdu jusqu’à 20 % de leurs officines en 10 ans, comme l’Allier, les Hautes-Pyrénées, la Saône-et-Loire ou encore la Sarthe. Depuis 2020, 110 communes ont perdu leur unique pharmacie et se retrouvent aujourd’hui à plus de 5 kilomètres de l’officine la plus proche. Les causes sont identifiées : désertification médicale, isolement des zones rurales, coût élevé du rachat d’un fonds de commerce, marges comprimées par les politiques de régulation. Les jeunes diplômés s’installent moins : le nombre de pharmaciens intérimaires a d’ailleurs progressé de 51,2 % depuis 2020, atteignant un record historique de 4 475 professionnels en 2025. Le recours aux pharmaciens formés à l’étranger s’accélère également : ils étaient 1 169 en 2015, ils sont 2 628 en 2025, principalement diplômés de Belgique, de Roumanie et d’Espagne. Dans ce contexte de resserrement du réseau officinal, le chiffre d’affaires moyen des pharmacies françaises progresse pour atteindre 2,66 M€ selon les statistiques professionnelles de CGP, avec une marge brute globale en hausse de 2,8 %. Une moyenne qui cache toutefois de fortes disparités entre petites officines rurales isolées et grandes structures.
Des réponses à construire, une décision qui ne peut plus attendre
L’avenant n°2 à la convention pharmaceutique, signé en avril 2026, constitue une première réponse : il élargit l’aide conventionnelle de 20 000 € par an à près d’un millier d’officines. Une mesure que Philippe Besset, président de la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France, qualifie lui-même de « pansement pour permettre le rebond ». D’autres pistes sont à l’étude, parmi lesquelles le développement des antennes de pharmacies ou encore la réforme du troisième cycle avec deux stages de 6 mois dont au moins un en zone sous-dense. Mais c’est à une échelle plus large que se jouera l’avenir du réseau. L’Observatoire national des professions de santé doit cette année fixer les objectifs de formation pour la période 2026-2030. L’Ordre plaide pour « une évaluation plus fine, plus prospective et plus objective des besoins en pharmaciens », intégrant l’ensemble des transformations auxquelles le système de soins est confronté, pour « garantir, sur tout le territoire, une présence pharmaceutique à la hauteur des besoins de nos concitoyens ».
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