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PHARMACIES : QUAND LE DÉSERT GAGNE DU TERRAIN

En l’espace d’une décennie, 1 pharmacie sur 10 a fermé en France. Le panorama 2025 de l’Ordre national des pharmaciens chiffre un recul qui touche quasiment tous les territoires et appelle des réponses structurelles urgentes.
24 juin 2026 par
PHARMACIES : QUAND LE DÉSERT GAGNE DU TERRAIN
Hélène SAGNES

Crédit photo :  S. Leitenberger

Un réseau officinal en repli continu

Comme chaque année, l’Ordre national des pharmaciens livre son panorama de la démographie pharmaceutique. Le réseau officinal français poursuit sa concentration : en 10 ans, il a perdu 2 237 pharmacies pour en dénombrer désormais 19 381, soit un recul de 10,1 %. Dans le même temps, le nombre de pharmaciens titulaires d’officine a, lui aussi, diminué de 11,6 %, pour s’établir à 23 947 en 2025. Pas un seul département de France métropolitaine n’échappe à cette dynamique. Seules la Guyane et Mayotte enregistrent une hausse.

Des territoires durement touchés

Certaines zones sont particulièrement affectées, avec des départements ayant perdu jusqu’à 20 % de leurs officines en 10 ans, comme l’Allier, les Hautes-Pyrénées, la Saône-et-Loire ou encore la Sarthe. Depuis 2020, 110 communes ont perdu leur unique pharmacie et se retrouvent aujourd’hui à plus de 5 kilomètres de l’officine la plus proche. Les causes sont identifiées : désertification médicale, isolement des zones rurales, coût élevé du rachat d’un fonds de commerce, marges comprimées par les politiques de régulation. Les jeunes diplômés s’installent moins : le nombre de pharmaciens intérimaires a d’ailleurs progressé de 51,2 % depuis 2020, atteignant un record historique de 4 475 professionnels en 2025. Le recours aux pharmaciens formés à l’étranger s’accélère également : ils étaient 1 169 en 2015, ils sont 2 628 en 2025, principalement diplômés de Belgique, de Roumanie et d’Espagne. Dans ce contexte de resserrement du réseau officinal, le chiffre d’affaires moyen des pharmacies françaises progresse pour atteindre 2,66 M€ selon les statistiques professionnelles de CGP, avec une marge brute globale en hausse de 2,8 %. Une moyenne qui cache toutefois de fortes disparités entre petites officines rurales isolées et grandes structures.

Des réponses à construire, une décision qui ne peut plus attendre

L’avenant n°2 à la convention pharmaceutique, signé en avril 2026, constitue une première réponse : il élargit l’aide conventionnelle de 20 000 € par an à près d’un millier d’officines. Une mesure que Philippe Besset, président de la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France, qualifie lui-même de « pansement pour permettre le rebond ». D’autres pistes sont à l’étude, parmi lesquelles le développement des antennes de pharmacies ou encore la réforme du troisième cycle avec deux stages de 6 mois dont au moins un en zone sous-dense. Mais c’est à une échelle plus large que se jouera l’avenir du réseau. L’Observatoire national des professions de santé doit cette année fixer les objectifs de formation pour la période 2026-2030. L’Ordre plaide pour « une évaluation plus fine, plus prospective et plus objective des besoins en pharmaciens », intégrant l’ensemble des transformations auxquelles le système de soins est confronté, pour « garantir, sur tout le territoire, une présence pharmaceutique à la hauteur des besoins de nos concitoyens ».

Copyright : Les Echos Publishing

Pour aller plus loin, découvrez notre étude "Les nouveaux codes de l'officine".

PHARMACIES : QUAND LE DÉSERT GAGNE DU TERRAIN
Hélène SAGNES 24 juin 2026
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