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En déplacement à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), ce vendredi 23 janvier, Sébastien Lecornu a dévoilé les grandes lignes d’un plan de relance du logement présenté comme « l’un des plus radicaux de ces 10 dernières années dans sa philosophie ». L’ambition affichée est de « relancer massivement la construction et la rénovation » pour sortir de la crise le secteur du bâtiment. « L’objectif est simple. Il est assez ambitieux », a résumé le Premier ministre, fixant un cap qu’il qualifie lui-même d’« absolument colossal » : construire deux millions de logements d’ici à 2030, soit environ 400 000 par an. Un rythme inédit, destiné à répondre à ce qu’il considère comme « l’une des grandes urgences du pays », qui « ne peut pas attendre le grand débat de 2027 ».
Inverser la tendance
Les chiffres illustrent l’ampleur du décrochage. Entre décembre 2024 et novembre 2025, seulement 272 692 logements ont été mis en chantier, soit 22,2 % de moins que la moyenne observée sur les 5 années précédentes. Un niveau historiquement bas, qui fragilise l’ensemble de la filière.
Pour inverser la tendance, Sébastien Lecornu entend poser plusieurs principes structurants. « Il ne faut pas emmerder les Français », a-t-il lancé, plaidant pour davantage de souplesse réglementaire. Il a également mis en garde contre les oppositions jugées stériles entre logement social et logement privé, ou encore entre territoires ruraux et urbains. Le chef du gouvernement souhaite s’inspirer de la méthode employée pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris et l’organisation des Jeux olympiques, fondée sur des calendriers resserrés, des procédures simplifiées et une mobilisation étroite des acteurs concernés.
Nouveau dispositif fiscal
Sur le fond, plusieurs leviers ont été évoqués. Le plan prévoit notamment un soutien financier renforcé aux bailleurs sociaux, inscrit dans le budget 2026, ainsi qu’un recours accru à l’épargne des ménages pour relancer l’investissement locatif. Un calendrier d’engagements doit également être établi pour simplifier les projets immobiliers, en lien avec les élus locaux et les professionnels du secteur. Un nouveau dispositif fiscal d’investissement locatif, pour succéder au Pinel, est également au programme. Présenté comme une version améliorée du « statut du bailleur privé », il vise à inciter les particuliers à investir dans des logements destinés à la location. Selon le gouvernement, ce mécanisme permettrait la construction de près de 50 000 logements supplémentaires par an et générerait plus de 500 M€ de recettes fiscales. Enfin, l’Exécutif a confirmé le maintien de MaPrimeRénov’ dans le budget 2026, afin de mieux accompagner la rénovation énergétique et la transition du parc immobilier existant.
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