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[INTERVIEW] UN VRAI PROJET MEDICAL QUI A SU CONVAINCRE DES CONFRERES DE NOUS REJOINDRE

Eliott Hergat, cofondateur et directeur général de la start-up Diabet’, s’est lancé dans le développement du premier espace spécialisé dans la gestion du diabète en France. Interview.
5 mai 2026 par
[INTERVIEW] UN VRAI PROJET MEDICAL QUI A SU CONVAINCRE DES CONFRERES DE NOUS REJOINDRE
Hélène SAGNES

Crédit photo : diabet'

Pouvez-vous nous expliquer comment l’aventure de Diabet’ a débuté ?

Eliott Hergat : toute la communauté médicale s’accorde pour dire que le suivi des patients diabétiques pêche en France, comme dans beaucoup de pays d’ailleurs. La maladie nécessite un suivi lourd pour le patient et le concours de nombreuses spécialités médicales ou paramédicales pour en prévenir les complications. Par ailleurs, au cours de mes études de médecine, j’ai accompagné des structures qui se sont developpées autour du sommeil et de la médecine esthétique, ce qui m’a permis de me familiariser avec ce modèle d’activité. Dès la fin de mon internat, en octobre 2025, j’ai pu inaugurer un premier centre de gestion du diabète, dans le 13e arrondissement de Paris.

Pouvez-vous nous présenter l’équipe qui intervient dans votre centre ?

E. H. : nous sommes deux cofondateurs, Axel Bernard qui est diplômé d’HEC et moi-même, et nous comptons aujourd’hui 4 employés.

Nous avons rassemblé, autour de notre projet, une équipe pluridisciplinaire qui permet de couvrir l’ensemble du parcours d’un patient atteint de diabète. Elle se compose de 15 médecins, qui consultent à raison de 2 jours par semaine en moyenne (des généralistes, des cardiologues, un néphrologue, un ophtalmologue, un nutritionniste, un hépatologue, un médecin vasculaire), ainsi que d’un podologue, d’un psychologue, d’un kinésithérapeute et d’un infirmier en pratique avancée (IPA). Ces médecins et paramédicaux exercent dans notre structure en contrepartie d’une redevance sur leurs revenus.

Quels sont les services de santé proposés aux patients diabétiques ?

E. H. : nous proposons aux patients de disposer d’un lieu dédié à la prise en charge de leur pathologie chronique. En effet, notre structure permet le dépistage du diabète et de ses complications, ainsi que l’accompagnement dans la mise en place ou l’adaptation d’un traitement, avec pour objectif également d’améliorer l’observance. Accéder aux soins et recevoir une éducation thérapeutique qui leur permette de gérer leur maladie constituent des enjeux de taille pour les patients. La gestion purement opérationnelle des rendez-vous médicaux est, à elle seule, très chronophage et compliquée. Dans notre centre, nous leur proposons de les regrouper pour limiter les allées et venues, et ainsi simplifier leur quotidien. En somme, nous leur proposons de se décharger mentalement, d’améliorer leur suivi et de faciliter l’accès aux soins. Nous avons reçu 700 patients sur le premier mois d’ouverture, et nous estimons que chaque structure devrait atteindre une file active de 25 000 à 30 000 patients.

Et s’agissant des professionnels de santé ?

E. H. : en dehors du projet médical qui les fédère avant toute chose, le centre permet de libérer du temps médical. Tout d’abord, notre IPA assure la première consultation et les épaule dans la coordination de la prise en charge.

Le patient dispose ensuite d’un plan de suivi avec différents médecins et paramédicaux à consulter. Les confrères sont situés à proximité, ce qui permet d’éviter la rédaction de courriers d’adressage. De plus, nous utilisons des outils basés sur l’IA pour la retranscription des comptes-rendus, ce qui constitue un gain de temps significatif. Par ailleurs, nous disposons d’équipements dernière génération. Enfin et surtout, notre modèle se veut purement libéral. Les professionnels qui nous rejoignent restent indépendants et peuvent valoriser leur patientèle.

En quoi votre approche est différenciante ?

E. H. : à notre connaissance, il n’existe pas de structure équivalente à la nôtre, tout au moins en Europe. Au-delà de l’unicité du lieu de prise en charge médicale, paramédicale et éducative, qui constitue la singularité de notre approche, nous jouons un véritable rôle dans l’optimisation du parcours patient. En effet, en France, un patient diabétique consulte en moyenne 10 fois par an son médecin traitant, ce qui surcharge les cabinets de médecine générale. Dans notre centre, l’IPA peut faire des prescriptions, adapter le dosage d’insuline, adresser les patients à un spécialiste... Nous participons également à désengorger les hôpitaux, dans lesquels il faut parfois jusqu’à un an pour obtenir un rendez-vous pour commencer un traitement. En optimisant le parcours de soins des patients, nous atténuons les risques de complications et les dépenses de santé associées.

De quels équipements disposez-vous dans le centre ?

E. H. : les cardiologues et ophtalmologues sont les professionnels de santé qui utilisent le plus notre plateau technique.

Les premiers réalisent des échographies et des électrocardiogrammes de repos et d’effort, des tests d’effort à la dobutamine… ce qui permet de s’affranchir de réaliser des examens plus complexes comme des scintigraphies cardiaques.

Quant aux seconds, ils disposent d’équipements classiques pour évaluer la réfraction et l’activité visuelle, mais aussi d’une salle dédiée à l’imagerie rétinienne, qui leur permet de dépister précocement la rétinopathie diabétique, alors même que la maladie est encore silencieuse.

Quelles sont les prochaines étapes pour Diabet’ ?

E. H. : nous préparons la création de futures structures à Paris, avant d’envisager d’étendre le réseau à d’autres villes de France. Nous sommes, par ailleurs, en train de construire un entrepôt de données de santé pour de la recherche clinique, qui devrait être certifié en juin 2026.

Enfin, nous développons actuellement une application mobile pour le patient pour améliorer l’observance et récupérer des données de vie réelle.

Fiche d’identité

Dénomination : Diabet’
Activité : développement d’espaces médicaux spécialisés dans la gestion du diabète
Création : 2024
Effectif : 20 personnes
Web : diabet.fr

Copyright :  Les Echos Publishing

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Hélène SAGNES 5 mai 2026
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